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Editoriaux - Politique - 6 août 2016

Brexit or not Brexit. Promenade à l’anglaise

Pas vraiment ravi, John, d’avoir choisi le sud de la France. aidant, son budget vacances vient de prendre une claque de 10 %, mais bon, tout est réservé. Et puis les avions, en ce moment…

John est le “Briton” parfait. À la tête d’une PME dans le Kent, pas très politisé mais plutôt de bon sens, son analyse de l’actualité politico-économique se limite généralement aux cours de Bourse et aux taux de change. Un peu les tabloïds, mais pas trop.

En ce beau jour d’août, il prend son break. Volvo évidemment, comme toute middle-class élevée au pudding. De toute façon, l’Angleterre ne produit plus. Rouler sino-suédois ou indien…

Il est tout de même un peu préoccupé, John. Il n’y a pas si longtemps, il s’est passé quelque chose de pas très catholique à Nice. Tout près de la plage.

Douvres. Le ferry. Forcément britannique, puisque tous sous pavillon Union Jack, ou presque… Même la survivante française a préféré s’appeler Brittany Ferries. Bretagne Transmanche ou Bigouden Traversées, ça aurait fait ringard.

Calais. L’autoroute, le comité d’accueil. De très jolis grillages sur 3 ou 4 kilomètres, des paniers à salade tous les 500 mètres. Au fond, un campement tout de bâches vêtu. Bleu, blanc, vert… De toutes les couleurs… Il paraît que les Français appellent ça la jungle. Après tout, s’ils préfèrent les garder… Merci, Schengen.

Arras, 100 bornes plus loin. Une station BP. British Petroleum, comme à la maison, sauf que tout est fermé à 11 heures du soir sur une autoroute à péage. Le caissier (on ne parle plus de pompiste) est barricadé. Il parle par le passe-plat ou plutôt par le tiroir passe-monnaie. Très chic. L’interphone est en panne. « Avant, on était deux. Maintenant, je suis tout seul. Alors, on ferme tout. De toute façon, quand on les appelle, ils ne viennent pas. »

Péage de Reims – Courcy, 150 bornes plus loin. Sinistre. Flippant. Pas âme qui vive. Il paraît que les Français ont vendu leurs autoroutes à des étrangers qui ont viré le personnel pour des caisses automatiques. Bravo, les politiques. Ça, c’est du service.

Encore 700 bornes, certainement sans voir un pèlerin. John se demande si ses compatriotes et lui même n’ont pas eu raison de voter pour la sortie de l’Europe malgré tout ce qu’on leur chante. D’ailleurs, l’Angleterre n’y est jamais vraiment entrée. Juste un coup pour voir, comme au poker, en gardant la monnaie

To be or not to be. Brexit or not Brexit. Promenade des Anglais ou Anglais en promenade.

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