Le choix des Britanniques de quitter l’Union européenne, choix que les élites du continent se refusaient même à envisager, est un politique. Résultat : elles se sentent aujourd’hui déboussolées, bernées par les sondeurs et humiliées. Au lendemain du vote, c’est la gueule de bois, les langues se délient et on ne prend plus la peine de se cacher. La tonalité générale est la même partout : stupeur, mais aussi un agacement où affleure le mépris du peuple. C’est drôle, idiot, parfois choquant mais il faudra s’en souvenir.

Il y a d’abord eu cette journaliste sur BFM TV, Roselyne Dubois, qui interroge son invité avec ces mots : "Nous, médias, comme vous, élus, on n’arrive pas à faire passer cette idée que l’Europe apporte quelque chose..." Voilà, c’est dit ; cette fois, sur la collusion médias-pouvoir, les choses sont claires.

Il y a eu, aussi, l’éditorialiste à la mode Gaspard Koenig qui tweete : "Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l’histoire humaine, et méprise les nationalistes." Faire Normale Sup pour en arriver à débiter de telles inepties, c’est à pleurer ! Allez dire ça aux Espagnols (1808), aux Polonais (1772, 1793, 1795, 1939), aux Tchèques (1938 et 1939), aux Vietnamiens (1964) ou aux Irakiens (2003)… Ce ne sont pas les nations, Monsieur Koenig, qui font couler le premier sang, ce sont les idéologies, les empires, le prosélytisme religieux et, en tête de liste, les intérêts financiers transfrontaliers qui sont de loin, de très loin les premiers responsables des guerres.

Et puis il faut citer encore Alain Juppé au micro de Jean- Pierre Elkabbach, qui fait une gaffe à la manière de notre président de la République : "Organiser un référendum aujourd’hui en France, c’est offrir une victoire à madame Le Pen." Monsieur Juppé, une victoire ? Le Frexit serait-il donc déjà majoritaire ? Quel aveu !

Mais la palme revient, sans doute, aux producteurs/animateurs de cette parodie de débat qu’est devenue l’émission "C dans l’air". Ils ont osé - avec quel culot - intituler le numéro consacré au résultat du référendum "Vont-ils vraiment partir ?" Le lecteur comprendra qu’il s’agit d’un titre manifestement imaginé pour suggérer la tenue d’un second référendum, rien de moins. Une drôle d’idée qui sonne comme un écho au fameux "Eh bien, nous les appellerons [les Irlandais] à voter jusqu’à ce qu’ils disent oui" entendu en 2005. Mais, cette fois-ci, mal leur en a pris.

La réponse des invités, pourtant, vous vous en doutez, tous farouchement opposés au , fut cinglante et unanime : le vote des Anglais est définitif et sera bel et bien suivi d’effet. Et comment en serait-il autrement ?

D’abord parce qu’au Royaume-Uni, la parole du peuple n’est pas comme en France un vain mot, mais aussi parce que l’on peut raisonnablement penser que les européistes les plus acharnés, avocats d’une Europe fédérale intégrale et dont fait partie l’indéboulonnable Jean-Dominique Giuliani, n’attendaient secrètement que ce jour, pour pousser de l’avant leur projet fédéraliste.

Il est vrai que, chez "C dans l’air", ils mettent tant de zèle à ne jamais froisser la bien-pensance qu’ils en oublient que celle-ci affiche parfois une apparence qui n’est pas toujours en phase avec la réalité.

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25 juin 2016

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