Le processus de destitution de Dilma Rousseff va se terminer : Javier Arantes vient de présenter un rapport de 128 pages devant la Commission spéciale de destitution de la Chambre des députés qui devra l’approuver ou bien, moins probablement, le rejeter, le 11 avril. L’approbation du rapport permettra d’engager la procédure pour “crime de responsabilité” au motif d’avoir falsifié la comptabilité publique en 2014 et en 2015. Selon Javier Arantes, il existe des preuves suffisantes pour destituer la présidente.

Le 2 décembre 2015, le président de la Chambre des députés du , Eduardo Cunha, avait accepté d’examiner la demande de destitution. Puis, le processus avait été paralysé. Certains pensaient que le Tribunal supérieur de la justice (TSJ) déciderait contre cette démarche mais, le 16 mars 2016, le TSJ a donné le feu vert pour présenter les preuves contre la présidente. Le jour suivant, une commission spéciale se constituait pour décider la faisabilité de la demande de destitution.

Dilma Rousseff évoqua alors “une tentative de coup d’État”. Mais la situation se complique pour elle après la démission de six ministres de son gouvernement, membres du parti du Mouvement démocratique brésilien, et de 350 fonctionnaires. Dès la décision de la commission spéciale, le 11 avril, la Chambre des députés devra voter la destitution. Il faudra 342 voix sur les 513 possibles. Ensuite, la demande de destitution sera envoyée au Sénat.

La crise politique, économique et judiciaire que traverse le Brésil semble loin d’être terminée. Pire encore : la justice brésilienne vient de se saisir de l’affaire des pots-de-vin que Dilma Rousseff aurait obtenus de Petrobras, l’entreprise nationale pétrolière brésilienne dont elle avait été la présidente, pour sa campagne présidentielle. Si les faits sont confirmés, la destitution de Dilma Rousseff serait immédiate.

Certains demandent de nouvelles élections mais, selon la , il faudrait au préalable que la présidente démissionne. Le jeudi 7 avril, Dilma Rousseff a appelé à un pacte national : “Le Brésil a surmonté des moments difficiles grâce à des pactes d’union nationale”, a-t-elle déclaré ; mais un tel accord “doit se faire dans le respect de la légalité et de la démocratie”, a-t-elle ajouté.

L’ex-président Fernando Henrique Cardoso a suggéré que Dilma Rousseff devrait démissionner avant la décision de destitution. Elle a commis un “crime de responsabilité” en détournant l’argent public pour payer des prébendes, a-t-il précisé. Dilma Rousseff ne semble pas avoir l’intention de renoncer à la présidence. Nous saurons dans les jours qui viennent si elle peut malgré tout rester à son poste.

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