La musique est censée adoucir les mœurs, certes. Mais pas toujours. La preuve par les fans de tel ou tel artiste, Rohff et Booba en l’occurrence et rappeurs de profession. On vous rassure, ce sont des pseudonymes et rien à voir avec un quelconque patelin, façon Tintin au Congo.

Bref, ce lundi 21 avril dernier – rien à voir non plus avec une quelconque commémoration de la présence de au second tour de l’élection présidentielle –, un homme était quasiment laissé pour dans un magasin de fringues tenu par des boobaesques et pris d’assaut par des opposants rohffesques. Parmi ces derniers, semble-t-il, l’artiste en question : Rohff, gugusse dont le nom s’éternue plus qu’il ne se prononce, mais actuellement en garde à vue à l’heure où ces mots seront mis en ligne.

Motif de la discorde ? Nous sommes loin des joutes théologiques médiévales d’antan. Booba : « Dans une Merco je t’ai benzé… » Rohff : « Ceux qui ont levé ta mère m’ont passé le salam au bigo… » Du coup, le journaliste Olivier Cachin, spécialiste incontesté du genre, se lamente, reconnaissant que « la violence verbale » est une spécificité du genre, tandis qu’un des membres d’IAM, groupe marseillais phare en la matière, se lamente en ces termes : « Ce sont des capitalistes de droite. Ils veulent l’Audi A3, la montre… » Il est un fait qu’à cinquante ans, être rappeur et ne pas avoir de Rolex, c’est un peu comme si on avait loupé sa vie…

Il n’y a pas si longtemps, la guerre faisait rage dans les cours de récréation. Stones ou Beatles ? Puis, les rockys qui chassaient les babas. Bananes façon Pompadour, huilées au Pento contre cheveux longs et gras. Ensuite, les mods contre les punks, qui ne se battaient pas qu’à coups de sac à main et de 45-tours. Puis les skins. Lacets blancs sur les Doc Martens pour skins d’extrême droite et rouges pour leurs homologues d’extrême gauche ; il y avait même des lacets jaunes pour ceux qui jouaient une mi-temps dans chaque camp. Déjà, il y avait des morts… Un coup de rasoir pouvait faire aussi mal qu’un coup de boule.

Plus ancien, un autre « fight » ou « battle » : celui ayant fait se pouiller et Antoine. Dans ses « Élucubrations », le second voulait mettre le premier « en cage à Médrano ». Blagounette à laquelle le premier rétorqua au second : « Cheveux longs et idées courtes ».

Le but, déjà, consistait à créer ce que l’on n’appelait pas encore le « buzz », mais qui aidait malgré tout à vendre quelques disques de plus. Rien n’a fondamentalement changé depuis.

Éternel retour de La Guerre des boutons, de Louis Pergaud… En plus méchant et avec un peu moins de talent.

23 avril 2014

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