Tout semble indiquer qu’, président de la , n’a pas su convaincre les Boliviens, dimanche 21 février, lors du référendum constitutionnel qu’il a organisé pour demander sa réélection jusqu’en 2025.

Le résultat n’est pas encore officiel puisque le tribunal électoral a demandé 48 heures avant la proclamation des résultats définitifs. Il faudra peut-être attendre le 6 mars pour savoir si le tribunal invalidera 35 centres de vote à Santa Cruz où, dimanche, des Boliviens ont brûlé les bulletins de vote et les urnes de deux centres électoraux de la ville.

La Bolivie a, longtemps, été considérée comme un pays pauvre d’ latine, et le reste, même si la pauvreté extrême est passée de 39 % à 17 % en dix ans. La croissance économique a augmenté le bien-être de la population bolivienne, y compris les populations indiennes. Il y a 55 % d’Amérindiens répartis en 40 groupes ethnolinguistiques, dont les plus importants sont les Quechuas (30 %) et les Aymaras (25 %). Evo Morales est un Indien aymara, ex-leader syndical des producteurs de coca, élu président en 2005. Au pouvoir depuis dix ans, il est maintenant âgé de 56 ans et voudrait rester président jusqu’en 2025. Pour un dernier mandat, promis, juré.

Le référendum constitutionnel qu’il avait préparé devait lui offrir un nouveau succès, mais deux scandales sont venus perturber les pronostics les plus favorables.

Le premier scandale concerne le Fonds indigène, une institution destinée à créer des projets de développement pour les paysans. Cent millions de dollars ont disparu et se sont retrouvés sur les comptes personnels de certains dirigeants du MAS (Mouvement pour le socialisme), le parti d’Evo Morales, actuellement majoritaire à l’Assemblée. Deux cents personnes seraient impliquées dans ce détournement de fonds.

Le deuxième scandale touche directement Evo Morales, qui a dû reconnaître avoir eu un fils, il y a dix ans, avec Gabriela Zapata, alors âgée de 17 ou 19 ans ; si l’enfant est mort peu après, la mère, elle, est devenue la dirigeante en Bolivie d’une entreprise chinoise, China CAMC Engineering, qui a obtenu 560 millions de dollars de contrats dans le pays. Il faut savoir aussi que la Bolivie a doublé le montant de sa dette avec la Chine, qui a accepté de prêter une nouvelle ligne de crédit de 7,5 milliards de dollars.

Ce dernier scandale a été révélé récemment et s’est traduit dans les intentions de vote, puisque le dernier sondage avant dimanche donnait 47 % pour le non, 28 % pour le oui et 25 % d’indécis. De nombreux analystes se demandaient jusqu’à dimanche si la popularité d’Evo Morales allait le faire gagner et si les Boliviens allaient accepter la corruption de leur président en le maintenant au pouvoir jusqu’en 2025. Il semble que la réponse est “non”. Une partie des Amérindiens qui l’ont soutenu ont perdu confiance. Par l’exercice solitaire du pouvoir, Evo Morales s’est coupé d’une partie de l’électorat qui l’avait amené à la présidence.

Depuis dimanche soir, c’est le silence du côté du MAS, qui a tout à perdre si la défaite d’Evo Morales se confirme. Le gouvernement veut croire que le “oui” et le “non” sont à égalité. Le vice-président a pris la parole dans ce sens en demandant d’attendre les résultats officiels et en ajoutant qu’ils accepteraient le verdict du peuple bolivien.

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