Editoriaux - International - 26 décembre 2016

Boko Haram écrasé au Nigeria. Mais l’État islamique étend sa toile en Afrique

Depuis plusieurs mois, l’armée nigériane traque les terroristes de Boko Haram dans la forêt de Sambisa (État de Borno), qui s’étend sur 1.300 kilomètres carrés.

Le 24 décembre 2016, le président de la République fédérale du Nigeria, Muhammadu Buhari, a déclaré que son armée avait « écrasé » l’un des derniers bastions de ce groupe terroriste affilié à Daech et qui sévissait dans le nord-est du pays : “Je suis ravi et très fier des braves soldats de l’armée nigériane, après avoir appris cette nouvelle tant attendue et gratifiante de l’écrasement final des terroristes de Boko Haram dans leur dernière enclave de la forêt de Sambisa.” Il a salué la détermination des troupes nigérianes qui ont “finalement pénétré et écrasé ce qu’il restait d’insurgés de Boko Haram au camp zéro, situé au cœur de la forêt de Sambisa”.

L’armée nigériane aurait libéré 1.880 civils des mains de Boko Haram et capturé plus de 500 combattants.

Il est nécessaire de rappeler que les actions meurtrières de Boko Haram ont obligé près de trois millions de personnes à se déplacer et fait plus de 20.000 morts.

Il s’agit donc, là, d’une excellente nouvelle, mais même si Boko Haram est, paraît-il, éradiqué – ce qui est loin d’être certain -, l’Afrique est bien loin d’être totalement à l’abri des mouvements terroristes.

Une actualité toute récente – l’enlèvement d’une humanitaire française à Gao, au Mali, où l’armée française est présente depuis des années -, prouve que de nombreux groupes sont toujours en activité et vont se retrouver probablement renforcés par de nouvelles recrues.

Smaïl Chergui, le « Monsieur sécurité » au sein de l’Union africaine, rappelle que, selon une étude réalisée en 2015 par le Centre international sur la radicalisation, la Tunisie est le pays qui compte le plus de ressortissants dans les rangs de Daech (3.000), devant le Maroc, second pourvoyeur avec 1.500 combattants.

Il lance, d’ailleurs, une alerte générale car la propagande de l’État islamique cible de plus en plus l’Afrique, comme le montre sa dernière vidéo diffusée en Libye. Dans cette vidéo, cinq terroristes africains (un Nigerian, un Sénégalais, un Ghanéen, un Malien et un kamikaze dont la nationalité est inconnue) sont présentés. L’État islamique étend désormais sa toile sur tout le nord de l’Afrique, en concurrence avec Al-Qaïda.

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