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Editoriaux - Supplément - 19 octobre 2013

La « boîte à outils » de Hollande : un concours d’inepties

On ne sait pas quel virus a contaminé ce gouvernement – sans doute celui de la trouille au ventre –, mais chaque semaine voit nos ministres gravir une marche supplémentaire dans le concours d’inepties qui les oppose depuis l’avènement du Président à teinture.

Toutes les idées les plus fumeuses sont mises sur le marché dès lors qu’elles entrent dans l’une ou l’autre de ces catégories :
– accroître le matraquage fiscal ;
– mettre des entraves à l’entreprise (et par voie de conséquence augmenter le chômage) ;
– calmer les catégories socioprofessionnelles les plus vindicatives, cela au moins jusqu’aux prochaines élections. Et là, ça fait du monde…

C’est dans ce souci d’éviter une nouvelle crise avec les chauffeurs de taxi — profession ô combien dangereuse pour un gouvernement, dans la mesure où son pouvoir de bloquage est, avec les routiers, quasiment équivalent à celui de nos amis des chemins de fer ou du gaz et de l’électricité — que M. Valls et Mme Pinel viennent d’avoir une idée tout à fait abracadabrantesque.

Engagés depuis des mois dans un bras de fer fort douloureux pour leurs petits biceps, le ministre de l’Intérieur et sa voisine de l’Artisanat ont eu une idée qu’elle est très très bonne, comme aurait dit Coluche. Sachant que les taxis traditionnels ne veulent pas de la concurrence des VTC (voitures de tourisme avec chauffeur) et sachant qu’on ne peut interdire le commerce de ces dernières, nos crânes d’œuf ont mis au point « un dispositif équilibré au bénéfice des acteurs du secteur comme de leurs utilisateurs ». Le ministère dixit. Tout d’abord, 1.000 taxis supplémentaires vont être mis en circulation dans Paris qui en manque cruellement, mais ces nouveaux chauffeurs devront travailler exclusivement « sur des plages horaires surchargées en demande, spécialement les nuits du vendredi et du samedi ».

Ensuite, à partir du 1er janvier 2014, les VTC « devront respecter un délai de quinze minutes entre la réservation préalable et la prise en charge du client par le chauffeur ». Au cas, sans doute, où passerait un taxi en maraude, qui s’arrêterait peut-être ou peut-être pas, au mieux baisserait sa vitre et demanderait de ce ton aimable qu’on leur connaît souvent : « Vous allez où ? », et répondrait, tout aussi aimable : « C’est pas mon chemin », « Il est trop tard, j’vais pas par là », « J’ai fini mon service », etc.

Il est vrai qu’entre les taxis et les VTC, le combat est inégal. Les premiers sont soumis à de lourdes contraintes (formation obligatoire, licences négociées sur le marché plus de 200.000 euros) quand les autres agissent à leur guise. Mais ce n’est certainement pas cette nouvelle ânerie réglementaire qui va régler le problème. D’autant que nos petits futés du ministère ont déjà prévu une exception : ce délai de quinze minutes « ne s’appliquera pas aux activités liées au tourisme que sont la prise en charge du client à partir d’un hôtel haut de gamme ou à l’occasion d’un salon professionnel ». Le pied de grue, c’est bon pour les péquenauds. Aux prolos les taxis qui sentent le renfermé et le chien mouillé parfumé au Febreze ; à la clientèle aisée les limousines au parfum de cuir. Et vive le socialisme à la Hollande !

Dernier point : qui, et comment va-t-on vérifier le respect de ce nouvel interdit ?

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