Blog - Culture - Editoriaux - Médias - Table - 14 mai 2016

Black M : au-delà de la “victoire”, de nouveaux moyens d’action

La polémique provoquée par l’invitation de Black M, à la commémoration de Verdun le soir du dimanche 29 mai, avait été étonnamment passée sous silence dans les “grands” médias. En vain : ils n’ont pu contenir l’explosion.

Sur son blog personnel, Maxime Tandonnet -l’un des premiers à s’exprimer en ligne sur le sujet – confessait un sentiment de solitude devant ce silence. Et pourtant, les résistants étaient bien là et leurs efforts viennent de payer.

Face à un tel évènement, une attaque qui touche profondément les cœurs et les mémoires, la toile s’est mobilisée. Des flots de protestation se seraient abattus sur la mairie de Verdun ainsi que la préfecture de la Meuse, dont les coordonnées étaient relayées sur les réseaux sociaux.

Pour ne pas perdre la face, le maire de Verdun annule, en vociférant, le fameux concert. Pour « céder » sans renier ses valeurs républicaines, il ne pouvait pas alléguer d’autres prétextes que sa propre victimisation. C’est à regret, mais non sans fierté, annonce-t-il dans L’Est républicain, qu’il renonce à un « programme d’une grande diversité culturelle » ainsi qu’à la transmission d’un « message universel ». La crainte se lit dans ses propos. Jusqu’au bout, il élude les véritables raisons qui ont soulevé une telle vague d’indignation à travers le pays.

Surgit, en revanche, le traditionnel chapelet d’injures et d’accusations généralement brandies par la gauche comme un bouclier, dès qu’elle rencontre une opinion contraire à la sienne, surtout lorsqu’elle se montre soucieuse de l’honneur de notre pays : tout se résume, encore, à « un déferlement de haine et de racisme ». La “dissidence” n’est pas écoutée et le contenu de ses revendications n’a clairement pas été considéré.

Le maire ou les autorités qui ont daigné s’exprimer sur le sujet ne remettent pas en question l’idée que « s’amuser » n’est pas la vocation d’une telle cérémonie. Ils n’y voient qu’une opposition forcément raciste puisque le chanteur était noir ; une contradiction imbécile et violente, à l’image, sans doute, du regard qu’ils portent sur les 30 % d’électeurs votant pour le FN, que le candidat Juppé espère remettre dans le droit chemin.

Qu’ils crachent leur venin ! Le résultat est là. Quels que soient les qualificatifs attribués, la victoire de la “nouvelle opinion publique” démontre que persévérance et détermination bien dirigées portent leurs fruits : l’union des voix est une force capable d’exercer une certaine pression via les réseaux sociaux. Les protestations massives ne peuvent être individuellement condamnées, ainsi que le gouvernement s’est récemment plu à faire, pour évincer ceux qui le dérangent.

Le gouvernement cède ainsi sur un point symbolique, mais essentiel.

En inspirant de nouveaux moyens d’action, signes de résistance, il faut espérer que cette victoire préfigure d’autres changements.

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