«  Il n’y aura ni art, ni littérature, ni science. Quand nous serons tout-puissants, nous n’aurons plus besoin de science. […] Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement  » (George Orwell, 1984).

Sous le prétexte fallacieux de lutte contre l’intégrisme musulman, madame Vallaud-Belkacem a déclaré la guerre aux écoles hors contrat mercredi dernier, sur France 2, en annonçant à leur propos : “Je me demande si n’est pas venu le temps de passer peut-être d’un système de simple déclaration […] à un système de contrôle a priori, c’est-à-dire d’autorisation.”

Le principe même d’écoles libres et indépendantes, affranchies des programmes scolaires, soumises à la loi du marché et qui fonctionnent, est devenu intolérable pour nos élites.

300 écoles confessionnelles sur les 1.300 écoles hors contrat, une quarantaine d’écoles musulmanes et ce serait elles qui seraient visées ? Absurde. Ces écoles sont déjà plus contrôlées que les établissements sous contrat et notre arsenal juridique est déjà bien assez puissant pour fermer une école qui sortirait de la légalité.

Le fait est que les écoles hors contrat sont en plein essor. L’Éducation nationale continue de décevoir. L’enseignement catholique est de moins en moins catholique. Les parents souhaitant le meilleur pour leurs enfants se tournent vers des structures alternatives. Ce qui est insupportable pour notre gouvernement jacobin. Le gouvernement n’a pas oublié l’échec du projet de loi Savary contre l’école libre. Alors, comme à son habitude, la gauche s’arme de patience et prépare son méfait une étape après l’autre.

Les écoles privées sous contrat étaient trop puissantes pour être attaquées de front : ils ont attendu que l’enseignement catholique se torpille tout seul. Il leur faut maintenant s’occuper de ces petits îlots de résistance que sont les écoles hors contrat. L’imagination faisant aujourd’hui cruellement défaut, le gouvernement recycle donc une vieille ruse tirée de la Révolution : nous avons eu les prêtres jureurs , nous aurons des écoles assermentées, jurant fidélité à la République pour obtenir le droit d’exercer au grand jour.

Le contrôle a priori donnera le plein pouvoir au gouvernement dans l’ouverture de nouvelles écoles. L’État veut le bien des enfants, nous dit-il. Quiconque aurait des velléités de s’opposer à ce projet serait catalogué bourreau d’enfant ! Philippe Muray l’a diagnostiqué dans L’Empire du bien : il n’y a plus que l’intention de faire le bien qui compte, on ne s’oppose pas à une bonne volonté, même si elle mène au désastre !

Une fois de plus, les parents ne sont pas jugés aptes à prendre les bonnes décisions pour leurs enfants. En conséquence, on réduit leurs possibilités de choix à peau de chagrin. Le pire, dans tout cela, reste que plus ou moins consciemment, parce que c’est une voie de facilité, une majorité des parents se laissera faire. Incapable de saisir l’importance du combat pour l’école.

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