Le général Pinard Legry expliquait hier dans Boulevard qu’il était du devoir de la France d’assurer la stabilité de l’ subsaharienne. Sans stabilité, pas de développement, et sans développement, l’explosion démographique aura pour conséquence des mouvements migratoires vers l’ sans précédent. Une solution à explorer ?

Oh, moi j’y suis tout à fait favorable, je crois au rôle africain de la France et même à son rôle planétaire, et aussi et surtout à celui de l’Europe. Mais pour qu’elles le jouent, il faudrait qu’elles croient en elles, c’est-à-dire qu’elles se pensent comme puissances, et d’abord comme sujets de l’. Le drame est que ce n’est pas du tout le cas, on le constate même sur “Boulevard Voltaire” et “dans nos milieux”, si vous me passez l’expression. En France, même les nationalistes, ou supposés tels, sont isolationnistes et, comment dire, -effacistes, disparitionnistes, pour la patrie. Ce qu’on lit de tous les côtés, c’est : « La France n’a rien à faire là-dedans ! » ou : « là-bas ! ». Mais la France n’est pas le Costa Rica, ni la Slovaquie. La France a un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, la France est une grande puissance, la France a à faire partout dans ; et l’Europe a fortiori, bien sûr.

Cet auto-effacement est l’autre face du , il procède du même désir de mort, il est pareillement suicidaire. Nous subissons passivement la colonisation de notre patrie parce que nous pensons à elle et à nous comme étant tombés de l’histoire. Même ceux qui veulent sortir de l’humiliante “protection” américaine, bien souvent c’est pour se jeter dans les bras de la Russie. Drôles de patriotes ! Le continent a l’air d’un chien perdu sans collier, qui supplie tous les passants de l’adopter. À cet égard, la sinistre comédie de la libération des otages, avec son cortège de papas et de mamans et de prénoms et de « qu’est-ce que vous avez ressenti quand vous avez appris que votre papa était libéré ? », était hautement révélatrice. Aucun pays ne peut se défendre dans ces conditions, dans ce règne de la mélasse sentimentaliste, où l’État, la liberté, l’indépendance, la dignité et les sacrifices qu’ils impliquent ne sont rien : il est perdu. Alors jouer un rôle

La liberté de la presse a-t-elle encore un sens lorsque “la belle exigence du droit d’informer se heurte à la bêtise criminelle du droit de tuer”, pour reprendre les mots de Philippe Bilger ?

J’imagine que vous faites allusion aux assassinés de Kidal. J’ai trop de respect pour les morts, et pour le sort tragique de ces courageux morts-là, pour vous répondre franchement aujourd’hui, si tôt. Mais il faut bien voir que liberté de la presse et liberté de penser sont devenues presque antinomiques. Informer est un devoir, ce n’est pas un droit. À quelques remarquables exceptions près (suivez mon regard…), la presse, pour laquelle a été inventée la liberté d’expression, en est devenue le pire ennemi (après la librairie).

Neuf Français sur dix réclament un changement de politique. ne semble pas vouloir les entendre et assume “son cap”. Que faut-il faire ?

Adhérer au NON.

Les manifestations de ces derniers jours en Bretagne sont-elles le détonateur d’un mouvement plus important ? Le pouvoir présumé faible incarné par François Hollande peut-il encore tenir longtemps ?

Les institutions de la Ve République sont solides et il faut s’en féliciter, même si en l’occurrence cela ne nous arrange pas. Quant à un détonateur, je sais bien qu’on ne peut pas se montrer trop difficile, et là non plus je ne vais pas me faire des amis : mais franchement, j’en préférerais un autre que cette Bretagne-là, qui paie les conséquences de la pire politique industrialo-agricole concevable, un désastre pour la terre, pour les hommes et pour les âmes, sans parler des malheureux animaux. Ce n’est pas en portant le deuil des élevages concentrationnaires qu’on va mettre fin à la substitution ethnique.

6 novembre 2013

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