Dans les écoles de France, que ce soit à Orgeval dans les Yvelines ou à Villefontaine dans l’Isère, le sujet de préoccupation est, bien entendu, “Qu’est-ce qu’on mange à midi ?” Tandis que Najat Vallaud-Belkacem souhaite que les cantines proposent des menus « non confessionnels » – sous-entendu « sans porc », voire carrément halal -, une tribune publiée dans Le Monde conseille une solution laïque, œcuménique, convenant à tous : le repas végétarien.

Parmi les signataires, vous trouverez des philosophes et écrivains zoophiles : Florence Burgat (auteur d’Animal mon prochain), Jean-Baptiste Jeangène Vilmer (L’Éthique animale), Franz-Olivier Giesbert (L’animal est une personne) et Aymeric Caron (No Steak), autant de tartuffes choqués que l’on “tue des êtres vivants – 60 milliards d’animaux chaque année – pour nous nourrir”, attristés quand “le veau à l’abattoir, il pleure […] car le sujet, c’est le respect de la vie”, mais capables de cautionner l’euthanasie, l’avortement et les interventions militaires recommandées par BHL. Certains vont même jusqu’à défendre les repas végétaliens, considérant que l’œuf est un animal, lorsque le fœtus humain n’est légalement qu’un déchet hospitalier !

On y trouvera, également, l’ancienne députée européenne EELV Sandrine Bélier (!) et, un dernier Vert pour la route, Allain Bougrain-Dubourg, qui tient à souligner que les signataires “se sont abstenus de parler des méthodes d’abattage cruelles qui sont utilisées pour la viande casher et halal”, mais le signale quand même, à toutes fins utiles… Enfin, le bouddhiste Matthieu Ricard s’associe à ces personnalités en faveur des repas végétariens dans les écoles, probablement pour que nos enfants deviennent de bonzes élèves.

Abordons les enjeux : si la suppression de la viande dans le repas de midi peut avoir un impact positif sur la santé publique, à condition d’apporter des protéines au travers de préparations à base de soja, l’impact économique sur l’élevage et la pêche serait catastrophique. Depuis 10 ans, la France a déjà perdu deux tiers de ses élevages de porcs. En revanche sont évoqués les bénéfices écologiques d’une diminution de l’élevage, qui serait responsable de 60 % des émissions de méthane dans le monde. En considérant que l’homme est responsable de 100 % de la pollution, le pilote allemand Andreas Lubitz devient un héros de la cause écologique !

Hélas, personne n’aborde l’aspect culturel d’un des fleurons de notre patrie, mondialement reconnu, qui pourrait être un vecteur d’intégration et de lutte contre le communautarisme : la gastronomie française. Et tout le monde d’oublier que, suite à l’adoption de la loi de séparation des Églises et de l’État, nous avons vécu presque un siècle sans que le sujet des repas dans les écoles laïques ne défraie quotidiennement la chronique ; l’on passe sous silence que cohabitent depuis 1801, sans querelles de cantines, les trois religions du Concordat, à savoir catholiques, protestants et juifs. Alors, d’où vient le problème ? Une idée ?

Encore une fois, les « intellectuels » proposent un nivellement par le bas, une réduction au plus petit dénominateur commun, en l’occurrence reductio ad végétaux. Au nom de la lutte contre les inégalités, pour ne pas stigmatiser les différences, ils revendiquent l’école laïque, œcuménique, convenant à tous : une école sans notes, sans latin ni grec, sans Histoire de France, et dotée d’une cantine sans viande.

Adieu veau, vache, cochon, couvée. Adieu Charlemagne, qui a eu cette idée folle…

Soumission…

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