Culture - Editoriaux - Histoire - Politique - Radio - Religion - 22 décembre 2016

Bernard Cazeneuve et les chrétiens d’Orient : un intérêt bien suspect !

s’intéresserait-il enfin aux chrétiens d’Orient ? Eh bien, figurez-vous que le Premier ministre a offert, le mercredi 21 décembre, à Matignon, « une réception en solidarité avec les Chrétiens d’Orient réfugiés en France », en présence du ministre de l’Intérieur. Ferait-il concurrence à la droite, notamment à François Fillon ?

Certes, il a pris soin de ne pas manifester une attention trop appuyée aux seuls chrétiens : “L’honneur de la France est de donner la protection à tous ceux qui ont été persécutés et relèvent de l’asile en France”, a-t-il déclaré. Au pied d’un sapin, il a distribué des cadeaux aux enfants : “Pour vous comme pour les vôtres, ce pays est votre patrie. Et ce gouvernement mettra tout en œuvre pour que vous puissiez être protégés”, a-t-il dit à une jeune Syrienne dont les parents avaient été tués par l’État islamique. Il aurait même ajouté, selon un journaliste cité par Radio Vatican, que “Noël, ce n’est pas que la fête des cadeaux, c’est un moment spirituel, pour prier”. Serait-il touché par la grâce ?

Loin de nous l’idée que cette réception viserait à s’attirer les faveurs de l’électorat catholique. Mais, enfin ! Force est de constater que le gouvernement ne s’est guère jusqu’ici préoccupé du sort des chrétiens, en Irak ou en Syrie. Laurent Fabius a bien, en mars 2015, confié au journal La Croix – le choix de ce journal était-il innocent ? – que “la protection des chrétiens d’Orient […] est constitutive de l’Histoire de France, au-delà des clivages politiques”. Mais les actes n’ont pas suivi : les chrétiens d’Orient ont continué d’être persécutés et le gouvernement ne leur a accordé des visas qu’au compte-gouttes.

Pendant ce quinquennat, le plus souvent passées sous silence, toutes les exactions commises par l’État islamique contre cette communauté. Oubliés, les exécutions, les supplices, les viols, les pressions exercées contre ceux qui refusent de se convertir. Les chrétiens d’Orient ne seraient que des victimes, parmi d’autres, des guerres au Moyen-Orient : alors, pourquoi les privilégier de quelque manière ?

Voilà qui fait douter de la sincérité de nos dirigeants quand ils se soucient – tardivement – de rendre hommage aux chrétiens d’Orient. Le gouvernement met sur le même plan toutes les religions et tous les réfugiés. Pour paraître impartial, il aurait même tendance à favoriser les musulmans. C’est tout juste si les chrétiens ne lui paraissent pas suspects ! Pourtant, les chrétiens sont bien plus proches de notre culture, ne posent pas de problème d’intégration, souhaitent, pour la plupart, retourner dans leur pays…

Bien plus ! Le gouvernement socialiste mène une politique étrangère nuisible aux chrétiens. Il imite, en cela, les États-Unis qui ne songent, dans ces conflits au Moyen-Orient, qu’à protéger leurs intérêts stratégiques et économiques, tout en donnant des leçons de morale. Ceux qui ont inventé de fausses preuves pour déclarer la guerre à l’Irak et bombardé le Vietnam au napalm sont sans doute les mieux placés pour défendre les droits de l’homme. Saddam Hussein était, certes, un dictateur, mais il permettait aux chrétiens de vivre en paix. De même, en Syrie, une majorité de chrétiens soutiennent Bachar el-Assad, en qui ils voient un protecteur.

On ne sait pas ce qui est le plus odieux, chez nos dirigeants : leur cynisme, leur suffisance, leur aveuglement, leur hypocrisie ? Ou tout cela à la fois ? Il n’est pas étonnant qu’une majorité de Français attendent avec impatience leur départ.

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