C’est reparti pour un septième mandat. Bernadette Chodron de Courcel (épouse Chirac) a fait savoir qu’elle serait de nouveau candidate pour les élections départementales qui auront lieu au mois de mars prochain. Certes, le canton de Sarran qui la voit siéger depuis 36 ans au conseil général disparaît comme 17 autres dans le département dit des deux présidents. Il est absorbé par celui d’Égletons, qui comptera environ 10.500 habitants, répartis sur 18 communes. Qu’à cela ne tienne ! L’inusable ex-Première dame entend, malgré ses 81 ans, conserver son siège. Elle devra, pour ce faire, se trouver un “binôme” car les futurs conseils départementaux (nouvelle appellation de la logorrhée socialiste) vont être élus au scrutin majoritaire binominal mixte !

Qu’est-ce qui peut donc pousser une dame qui pourrait cultiver l’art d’être grand-mère ou même arrière-grand-mère à bien vouloir s’accrocher à son petit strapontin local ? Son amour pour le département, elle qui passe plus de la moitié de son temps hors du château de Bity et loin de ses terres d’adoption ? Les 1.300 euros net qu’elle perçoit à titre d’indemnité, elle qui roule déjà sur l’or après avoir, grâce à son mari, vécu au crochet de la République depuis plus de 50 ans ? Non, rien de tout ça. Si elle repart, c’est parce qu’elle veut prendre sa revanche sur Jacques et s’en démarquer. Elle veut lui montrer qu’elle a encore la “niaque”, qu’elle est, contrairement à lui, capable de tenir sur la durée, qu’elle a toute sa tête.

Elle veut, en ce sens, s’affirmer comme le véritable chef de la tribu et du clan Chirac. « Bernie » a ainsi décidé seule qu’elle supporterait malgré le fait « qu’il ait percé notre intimité » en flirtant dans ses jeunes années avec leur fille Claude et malgré la trahison de 1995 quand il s’en est allé rejoindre Édouard Balladur contre Jacques. Elle en remet une couche quand elle dit d’Alain Juppé, que son mari soutient au point d’avoir pensé à « réserver sa place même petite à son QG [s’il en avait eu] l’énergie », qu’il n’attire pas les gens, les amis, les électeurs éventuels” parce qu’il est « très très froid ». Faut-il qu’Alain Juppé lui ait fait plus de mal que Nicolas Sarkozy ou ne s’appuie-t-elle que sur le bilan de compétences pour asseoir son choix ? Qu’importe !

Elle qui a toujours vécu dans l’ombre de son mari trouve, dans ce mandat qui lui confère une petite légitimité, l’occasion de donner de la voix. Décomplexée, n’ayant plus rien à prouver, « Bernie » s’affirme, elle s’affranchit des conventions et du qu’en-dira-t-on, comme si Jacques n’existait plus. Comme lui, elle a pris goût au pouvoir. C’est une personne qui veut être écoutée, y compris au sommet de l’État. Comme disent les jeunes, elle veut « peser dans le game » ! François Hollande l’a d’ailleurs adoubée à l’annonce de sa candidature : « Ah ! C’est une bonne idée, Madame », lui aurait-il répondu. Reste une question : si elle est élue, repartira-t-elle en 2021 à 87 ans ?

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