« Bernadette, elle est très chouette… », et pendant ce temps-là, Monsieur Gaston s’occupait du téléfon. Ces paroles sont extraites d’une chanson qui fit en son temps un tabac. À l’époque (1967) où Nino Ferrer l’écrivit et l’interprétait, rien ne permettait de penser, jusqu’à plus ample informé, que l’aimable Bernadette dont il y est question fût l’épouse, née Chodron de Courcel, d’un futur président de la République qui venait à trente-cinq ans de faire son entrée dans le gouvernement de Georges Pompidou.

Très chouette, Bernadette ? C’est bien le dernier qualificatif qui viendrait à l’esprit, au vu et au su des faits et gestes, incessamment relayés par les médias, d’une femme arrogante, aigrie et méchante dont chaque intervention dans la vie publique, dont chaque démarche ne semblent inspirées que par la haute idée qu’elle se fait d’elle-même et par une inextinguible soif de revanche sur les vexations, les tromperies et les dédains dont elle estime avoir été l’objet avant que son mari prît une retraite bien méritée. La vengeance est le plat refroidi dont elle fait ses festins.

La première de ses victimes, de notoriété publique, est ce mari trop ostensiblement volage qui lui en a tant fait voir et tant porter, des années durant, sans qu’elle en témoignât rien, rongeant son frein et ruminant son amertume. En compensation, celle qui n’est connue que par le nom qu’il lui a donné, mais qui remâche sans cesse tout ce qu’il lui doit et s’imagine visiblement qu’elle aurait pu sans lui voler très haut de ses propres ailes, fait payer avec usure à cet époux infidèle aujourd’hui diminué par l’âge et la maladie toutes les dettes qu’elle estime qu’il a contractées envers elle. Ses petites phrases, ses mots à double entente, ses sorties dans le monde, sur tous les plateaux et à toutes les tribunes qui lui sont offertes, lui sont autant d’occasions d’afficher son intéressante personnalité, de tenter de jouer enfin un rôle politique et d’opposer sa santé de fer à la décrépitude de son vieux compagnon qu’elle traîne de temps en temps derrière elle comme le témoin d’un passé révolu auquel elle oppose ses petits triomphes présents.

Rien de ce qu’elle fait, rien de ce qu’elle dit n’a d’autre source et d’autre explication que ses vieilles rancunes, que ses activités de dame patronnesse ou que ses mesquines ambitions.

Fait-elle à Nathalie Kosciusko-Morizet l’amitié de lui apporter son soutien, on s’aperçoit que le seul but de son déplacement était de gêner, voire de torpiller la candidate UMP à la mairie de Paris en vantant devant celle-ci les mérites de la famille Tiberi.

S’estime-t-elle lésée par le redécoupage électoral qui affecte son petit fief cantonal de Corrèze, elle fait le siège du ministère de l’Intérieur puis de l’Élysée dans l’espoir d’obtenir une remise à plat qui la mettrait à l’abri d’une défaite et ne craint pas de rappeler à Hollande qu’un certain Chirac n’est pas pour rien dans sa victoire et qu’il pourrait lui en cuire de l’oublier. Il est vrai que de toutes les capacités qu’elle s’attribue, la plus crédible est sa capacité de nuisance.

Il y a belle lurette que Monsieur Gaston ne s’occupe plus du téléfon. Le temps a passé. Bernadette, c’est une vieille chouette, une vieille pas très chouette.

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20 décembre 2013

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