Berlusconi : ce qu’il en reste

On n’aura cessé de le constater : en “politique”, tout marche désormais à l’image, à la sympathie, à qui aura l’air le plus “cool”. Silvio Berlusconi, lui, aura sûrement misé sur l’humour.

Pour preuve, sa dernière gaffe : vendredi dernier, en pleine course pour les élections régionales, l’éminent représentant de la droite libérale italienne s’est juste… trompé de meeting électoral ! Ainsi, au lieu de soutenir la candidate de son parti, il s’est retrouvé, à plusieurs centaines de mètres de là, à encourager le centre gauche. “Je compte sur vous, votez Paolo !” Après quelques minutes passées à saluer et entretenir la foule, se rendant sûrement compte de son erreur, il est remonté, penaud, dans sa voiture.

Le lendemain, il s’en est défendu, jurant qu’il ne s’était mépris ni sur le lieu ni sur le candidat à soutenir, mais qu’attiré par la musique d’un orchestre, il s’était arrêté un instant pour voir quel public assistait à la manifestation adverse. En matière d’explications, on a vu mieux !

On l’excusera cependant car qui, de nos jours, est capable de trouver une différence de fond entre la gauche et la droite ?

Toujours la semaine dernière, lors d’une entrevue radiophonique, Silvio Berlusconi a de nouveau défrayé la chronique en déclarant qu’il serait disponible à loger des réfugiés dans ses habitations. “J’ai plusieurs maisons, cela ne ferait pas faire de sacrifices. C’est une bonne idée. J’aide beaucoup de gens et depuis longtemps. C’est une provocation que vous me posez, mais je la prends comme une bonne chose. [Ma] villa de Lampedusa est inoccupée, ça pourrait etre une bonne idée.” On pourra rétorquer que ce n’est que la réponse façon Berlusconi à une provocation du journaliste, mais voilà : à force de vouloir faire rire, il en a perdu la boule.

Face à l’immense et gravissime thème de l’immigration de masse, dans le premier pays touché par le phénomène, de la part de qui concourt pour gouverner, on exige un peu plus de sérieux, un peu plus de contenu. Cela aurait pu être l’occasion de parler de sa vision du problème, s’il en avait une. Ou, pourquoi pas, de répondre qu’il mettait à disposition ses maisons aux six millions d’Italiens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue.

Vide des discours, absence de programme, politiquement correct et immobilisme, derrière les blagues, les “looks” et autres méthodes communicatives, voilà donc ce qu’il reste de Berlusconi et de ses semblables.

Et le pire, dans tout ça, c’est qu’il y en a encore qui votent (pour ces gens-là).

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