Editoriaux - Histoire - International - Politique - 17 avril 2014

Berlusconi, condamné à bichonner des vieillards et des handicapés…

Couleur abricot mûr, le cheveu d’un éternel acajou, les yeux bridés par les liftings et les canines en porcelaine toujours bien affûtées, Silvio Berlusconi n’en finit pas de promener son sourire carnassier sur le monde de la politique et des affaires. Ce qui est toujours plus ou moins le même milieu, voire le Milieu tout court, surtout en Italie.

L’ancien président du Conseil italien a à son palmarès tout ou presque – hors le crime, et encore – de ce qui peut se trouver sur la place en matière d’accusation : corruption judiciaire, pots-de-vin (y compris à la brigade financière), faux en bilan, faux témoignages, détournement de fonds, fraude fiscale, ententes illicites, trafic de drogue, complicité avec association mafieuse, blanchiment d’argent, abus de confiance et, pour finir, les affaires de mœurs. De tout cela, il avait jusqu’ici réussi à se tirer. Et c’est pour incitation à la prostitution de mineure et abus de pouvoir que Le Cavaliere, grand amateur de jeunesse féminine, a fini par plonger.

Silvio Berlusconi est condamné le 24 juin 2013 à sept ans de prison et à une peine d’inéligibilité à vie. L’appel est en cours. Mais une affaire de fraude fiscale (Mediaset) entre-temps l’a rattrapé, lui valant – après une vingtaine de procès de nature financière – sa première condamnation définitive. Le 1er août 2013, la Cour de cassation confirmait : quatre ans de prison, dont trois amnistiés. Restait à savoir comment il purgerait sa peine.

Ses avocats ont eu une idée de génie : les travaux d’intérêt général. Et quels travaux ! Pas n’importe où : à la Sacra Famiglia, l’institution de la « Sainte Famille », dans la banlieue de Milan. Berlusconi, 77 ans, y sera parmi les siens : des personnes âgées atteintes d’Alzheimer et des handicapés. Quatre heures d’affilée, un jour par semaine. Pas trop lourd, comme astreinte, d’autant qu’il ne fera sans doute ni le ménage ni la toilette, même pas le service au réfectoire.

On nous dit que sa présence devrait offrir « de nouveaux stimuli » aux personnes handicapées. Peut-être des tours de magie à l’heure de la sieste, alors ? Des parties de loto, ou des courses de déambulateurs entre les buis ? M’est avis qu’il va falloir le surveiller, pépère. Il serait bien capable de leur faire les poches, à tous ces vieillards, ou de jouer au Cavaliere cavalant sous les tonnelles, histoire de leur réveiller les stimuli…

Décidément, les juges italiens sont de grands comiques.

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