Comme on dit, quand ça veut pas, ça veut pas !

Pauvre Benoît Hamon, qui se retrouve avec une gauche d’avant le congrès d’Épinay, en 1971 ! Pris en étau entre l’aile pure et dure de Jean-Luc Mélenchon – sur lequel il tape désormais après l’avoir courtisé – et celle, plus libérale, d’Emmanuel Macron, il n’incarne plus qu’un entre-deux qui n’intéresse pas grand monde. À trop hésiter, tout en ménageant la chèvre et le chou, on se fait lâcher de toute part, et c’est ce qui arrive au candidat du Parti socialiste, étant le dernier en date à l’abandonner : "Ce code de bonne conduite, comme préfère aujourd'hui l’appeler le chef de file de la France insoumise, s’est révélé un marché de dupe" (source : leparisien.fr).

Résultat : dans les urnes, les gens de gauche pencheront du côté de Mélenchon ou Macron, selon leur inclination, et Hamon ne récoltera que des miettes.

Les dés semblent effectivement jetés et les éructations de Jérôme Guedj, porte-parole du candidat PS, n’y changeront rien : "Nous, on fait la présidentielle, on n'est pas, comme Mélenchon, dans la reconstruction de la gauche en anéantissant le PS, on ne fait pas le pari de mille Podemos ni de la stratégie de la terre brûlée" (op. cit.).

Julien Dray ne dit pas autre chose : "Mon inquiétude est grande car je vois bien Mélenchon, après avoir refusé l'unité, nous faire le coup du ralliez-vous à moi" (op. cit.). On l’aura compris, Mélenchon est l’homme à abattre.

Du côté de sa motivation, on ne peut pas dire que Hamon brille beaucoup, comme il l’a magistralement démontré lors du récent débat sur , jugé le moins convaincant des cinq candidats présents sur le plateau, trop occupé sans doute à invectiver François Fillon et Marine Le Pen, suivant un réflexe socialiste éculé consistant à attaquer systématiquement la droite et la prétendue extrême droite. L’ennui, c’est que, tout ancien frondeur qu’il est, il appartient à une politique qui ne fait plus recette. Cinq années de hollandisme, ça ne s’efface pas facilement. Il y a, en effet, de quoi avoir un "coup de blues" !

Hamon y croit-il encore lui-même, qui marche dans les pas des autres candidats, se rendant sans conviction là où ils sont allés précédemment, comme à Berlin, après Macron, ou Bry-sur-Marne, après Fillon ? On dirait un suiveur, qui subit, résigné, le sort contraire au lieu de le combattre, ce qui, au cas très improbable où il serait élu, ferait un drôle de Président. La France ne veut plus suivre : elle veut redevenir souveraine.

Le prétendant socialiste me fait penser au dernier empereur d’Autriche, Charles Ier, qui a, contraint par l’Histoire, soldé l’empire des Habsbourg en 1918. Là s’arrête la comparaison, car l’un a duré six siècles tandis que la création de Mitterrand n’aura existé que 45 ans.

La grande socialiste va donc s’éparpiller, et c’est peut-être cela qui déprime à ce point son malheureux candidat, qui voit plus sûrement se profiler cet avenir que celui de sa victoire.

29 mars 2017

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