Editoriaux - International - 22 juin 2016

Belgique : les produits composant les explosifs ne seront plus vendus

La Belgique vient de se sortir d’un nouveau moment de frayeur dont elle se serait bien passée : ce mardi matin, un individu était arrêté dans le principal centre commercial de la capitale avec, croyait-on dans un premier temps, une ceinture d’explosifs nouée autour du corps.
 
Les Belges ont été rassurés en apprenant, après deux heures d’angoisse, qu’il s’agissait d’une fausse alerte : le « déséquilibré » – et cette fois-ci, on peut supposer qu’il en fût un, bien que l’on évoque des liens avec l’État islamique – avait confectionné l’engin avec du sel et des biscuits. Si l’on fait fi des conséquences dommageables pour les commerçants, il y eut heureusement plus de peur que de mal.
 
La menace terroriste est, quant à elle, toujours bien réelle et située à 3 sur une échelle allant jusqu’à 4. Afin de réduire les risques, les autorités viennent d’interdire la vente de substances chimiques intervenant dans la confection d’explosifs artisanaux.
 
Le peroxyde d’oxygène, ou eau oxygénée, apprécié comme désinfectant, mais également prisé par l’État islamique qui l’a utilisé dans la confection du TATP ayant servi dans les attentats de Paris et de Bruxelles, sera ainsi retiré des commerces. Le nitrométhane, l’acide nitrique et quatre herbicides à base de potassium et de chlore seront également interdits.
 
Toute transaction suspecte, tout vol ou toute disparition de l’un de ces produits, ainsi que d’une série d’autres, comme l’acétone ou l’acide sulfurique, devront faire l’objet d’un signalement. Les commerçants se trouvent responsabilisés par l’obligation de dénoncer les infractions aux règles.
 
Les sanctions seront, quant à elles, assez salées et pourront atteindre des peines allant jusqu’à cinq années d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende.
 
Le Parlement européen avait déjà encadré la vente des produits incriminés. La Belgique compte donc intensifier la lutte en amont contre le terrorisme en complexifiant la fabrication des explosifs.
 
Si c’est oublier un peu vite que les prêcheurs de haine sauront contourner, par leurs réseaux, les interdictions de vente et si l’on a pu suffisamment pointer du doigt les errances des gouvernements belges successifs en matière de lutte contre l’islamisme et le terrorisme, la majorité de (centre) droit actuellement au pouvoir commence (enfin) à agir.
 
On ne peut qu’inciter les pays voisins à faire de même. Les terroristes ont déjà suffisamment prouvé que leur haine ne connaissait pas de frontière.
 
Preuve que la lutte continue : une dizaine de personnes soupçonnées de préparer un nouvel attentat d’envergure ont été arrêtées dans la nuit de vendredi à samedi. Trois ont été inculpées pour “tentative d’assassinat dans un contexte terroriste” et “participation aux activités d’un groupe terroriste”. Ils envisageaient une fusillade avenue Louise, artère commerçante bien connue des Bruxellois, et dans la fan zone installée à Rogier, dans le centre-ville.

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