Quelque chose m’échappe dans les raisonnements d’aujourd’hui.

Les valeurs ambiantes façonnées par la doxa de la pensée unique incitent nos contemporains des pays riches à favoriser :
– le principe de précaution (qui est une bonne chose mais devient ridicule lorsqu’il est appliqué pour tout et pour rien sans discernement) ;
– l’alimentation bio pour revenir à des choses saines et refuser l’irruption de la science dans notre alimentation ;
– le refus des OGM parce que ce n’est pas bien de manipuler Mère Nature et que le principe de précaution le commande du fait que nous ne savons pas bien quelles seront les conséquences à long terme des OGM.

Pourtant, dans le même temps, notre société accepte et même favorise sans aucune émotion :

– les avortements à très grande échelle (200 à 250.000 par an) qui sont quand même une atteinte complète à la vie et à la nature (faut-il rappeler qu’à neuf semaines, le cœur d’un fœtus qui va être éliminé bat déjà ?) ;

– l’euthanasie, toujours sous couvert d’un discours compassionnel (il souffre, c’est pour son bien) en refusant de voir les inévitables dérives eugénistes qui en découleront forcément ;

– l’adoption des enfants par des couples homosexuels les privant d’un père et d’une mère pourtant si indissociables de la condition naturelle de l’homme et indispensables à sa construction humaine ;

– la PMA et de plus en plus la GP, qui sont des intrusions humaines par la science triomphante dans des processus naturels si mystérieux que la science ne peut l’expliquer (rien ne peut expliquer l’apparition de l’âme dans ce que la science appelle un « amas de cellule » alors qu’elle est bien là).

Et voilà que nous apprenons par les médias béats d’admiration qu’un bébé est né de trois parents par la grâce de la science.

L’Homme se fait Dieu et joue les magiciens en modifiant la génétique naturelle, en mixant les ADN pour mieux vaincre les risques de la maladie. A-t-on seulement pensé à la construction psychologique de cet enfant lorsqu’il comprendra qu’il est le fruit d’apprentis sorciers et qu’il a trois filiations génétiques ? Aucun principe de précaution alors qu’on touche directement à un être humain.

Étonnamment, nous n’entendons aucun discours pour rappeler le principe de précaution ou le refus des OGM. Les plantes et les animaux sont mieux respectés et traités que l’être humain. Où sont les cris d’indignation des écolos toujours prompts à dénoncer les manipulations génétiques sur les céréales mais étonnament absents à dénoncer les manipulations génétiques sur l’homme ?

L’homme qui se prend pour Dieu rêve de l’homme parfait. Comme toujours, on commence à s’affranchir de la morale et à jouer avec la nature pour une bonne cause (éviter une maladie). Et comme toujours, cela glissera inévitablement vers d’autres causes. Apparaîtra une industrie de la « conception génétique » qui ne sera accessible qu’aux riches qui pourront s’inventer des descendances idéales en mixant les chromosomes selon des critères d’esthétique, de force ou d’intelligence.

La fin justifie les moyens et aucune limite ne peut se mettre sur la route d’un prétendu progrès.

Le communisme croyait aussi que la fin justifiait les moyens et 80 millions de morts ont fait l’expérience de cette conception du progrès. Rappelons aussi que les nazis pratiquaient l’euthanasie et la sélection pour générer des filiations pures et renforcer la race allemande. Nul doute qu’ils auraient pratiqué des manipulations génétiques s’ils avaient pu le faire.

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