81 % des Français éprouvent des sentiments négatifs à l’égard de leurs hommes politiques et 67 % trouvent que la démocratie fonctionne mal (sondage OpinionWay, décembre 2015) ? Ce n’est pas François Bayrou qui va redorer leur blason ni redonner confiance au peuple !

En effet, interviewé le 24 juin, à l’issue du vote des Anglais en faveur du Brexit, cet européiste convaincu ne rejetait pas l’idée d’un référendum sur la question. Mais, le 3 juillet, sur BFM TV, revirement total d’attitude puisqu’il juge – soit neuf jours plus tard – cette même idée « tellement dangereuse et bouleversante » ! Le Béarnais aurait vanté l’idée d’un référendum avant les résultats anglais pour la pourfendre juste après, on aurait pu le comprendre. Enfin, on en aurait surtout perçu la mauvaise foi, mais là ? Une girouette, François Bayrou ?

Souvenez-vous, en janvier 2012, déjà, il estimait les « orientations » du candidat Hollande « dangereuses et imprudentes ». Ce qui ne l’empêchera pas, quatre mois plus tard, de voter pour lui. Alors, passer d’un « J’ai dit que je n’avais pas peur du peuple […] » à « La France sans l’ ne peut pas peser sur les affaires du monde » ne surprend pas. Pas davantage de l’entendre parler, vendredi, de « cette paroi de verre » clivant les élites du peuple et, le dimanche en huit, de l’écouter prétendre, sans sourciller, que « pousser » à un référendum de sortie de l’Europe « serait une faute ». Sans qu’aucun journaliste, d’ailleurs, ne relève ses contradictions. Passons…

Ah, comme ils fichent la trouille à la gent politique, ces fichus référendums ! Prenez Dany le rouge, par exemple, pour qui « le peuple n’a pas toujours raison ». Ou Alain Juppé, selon lequel « organiser un référendum, c’est offrir une victoire sur un plateau à Marine Le Pen ». Laisser le peuple s’exprimer, vous n’y pensez pas ! Ou encore Pierre Moscovici, selon qui les Français seraient contre le Frexit. On se demande, alors, pourquoi il estime « la tentation » de faire des référendums « extrêmement dangereuse »… Bon, mais quelle solution pour éviter pareille vilenie ? Supprimer toute proposition de référendum, comme le suggérait le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, selon lequel il ne serait pas « l’outil approprié pour résoudre des questions complexes dans une démocratie parlementaire » ? Trop bête pour comprendre, la populace ? C’est sans aucun doute ce que doit penser Jean Quatremer qui, dans Libération, s’est fendu d’une tribune désopilante. Pour cet éminent républicain, le référendum, c’est « l’exact contraire de la démocratie » ! On ne rit pas ! Pourquoi ? Parce qu’il représente « la dictature de la majorité sur les minorités » ! Mais si les Anglais avaient voté contre le Brexit, il en aurait dit quoi, du résultat du référendum, le démocrate Quatremer ?

Et il dirait quoi, François Bayrou, si les Français votaient contre le Frexit ? Il se féliciterait assurément d’un État qui se garderait de « tenir les gens loin des décisions essentielles » parce que cette idée – c’est lui-même qui l’affirme – est « une idée démocratiquement criminelle ». Les Français en ont marre de tous ces bonimenteurs ? Et on s’étonne ?

10 juillet 2016

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