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Bayard Presse, le politiquement correct version langue de buis

La maison de la Bonne Presse, fondée en 1873 par les Assomptionnistes, s’est signalée au moment de l’affaire Dreyfus par un antisémitisme virulent. Depuis 1970, devenue Bayard Presse, elle publie des titres connus du grand public (La Croix, Pèlerin, Pomme d’Api, J’aime Lire, etc.) et exerce une activité d’éditeur. Bénéficiant du quasi-monopole de publication des textes épiscopaux, elle peut être considérée comme l’éditeur officieux de l’épiscopat français. Inutile de préciser qu’en matière religieuse, elle est d’une parfaite fidélité à la ligne des années 70. Bref, Bayard Presse est un des fanaux du politiquement correct version langue de buis. Contre Dreyfus en 1895 ; pour Aylan en 2016.

C’est justement dans une de ses publications destinées à la jeunesse que le groupe catholique Bayard nous offre un conte de Noël qui donnera à nos enfants un bon aperçu de la fête de la Nativité. J’aime Lire, que nombre d’entre nous ont lu dans leur enfance, nous gratifie d’une histoire paisiblement intitulée « Les trois étoiles ». Noël, on vous dit. Résumée ainsi : « En Syrie, c’est la guerre et la famille de Tarek entreprend un long voyage vers la France. Tarek reverra-t-il Ahmed et Elias, ses deux meilleurs amis ? »

Comme l’écrit le lecteur qui nous l’a signalé, chez Bayard, le migrant est Syrien, il fuit en famille, il est adorable, blanc comme un Gaulois, il a une super bonne bouille, occidentalisé avant même d’arriver (à part le voile quand même, mais seulement sur certaines images, et d’un joli rouge). Le garçon ressemble à Tom Sawyer.

bayard01Et c’est vrai que ce gentil garçon est entouré de parents terriblement sympathiques. Papa, besace en bandoulière, porte la petite sœur sur ses épaules. Maman enceinte, fait penser à Marie sur la route de Bethléem. Quant à Tom – pardon, Tarek, avec ses taches de rousseur, c’est un petit garçon innocent et comme nous en avons tous chez nous. Et tout le monde traverse une forêt comme une famille en balade le dimanche.

bayard02Bien entendu, Tarek et sa famille rencontreront mille obstacles dans leur pèlerinage vers la France. Des gens méchants (il faut voir l’épaisse moustache horizontale du vilain européen, qui ferme son visage comme une barrière de douane), les périls de la mer, jusqu’à la plage où traîne, comme une allégorie du petit Aylan, une chaussure d’enfant abandonnée. Puis c’est la terre promise, le pays de lait et de miel, où la famille recueillie par une association – c’est positif une association, surtout si elle est non gouvernementale – peut se poser. La maman accouche et, soucieuse d’assimilation, appelle son enfant Slama – Paix en arabe. Il faut dire que Tarek nous renvoie à un certain Tarek Oubrou, bien connu d’Alain Juppé… Et hop, l’identité heureuse est de retour dans J’aime Lire !bayard03

Cette propagande est diffusée dans de nombreuses écoles privées sous contrat. En début d’année scolaire, nos enfants reçoivent une pochette comportant nombre d’exemplaires de cette « bonne presse » avec une proposition d’abonnement à tarif préférentiel. Combien s’y sont laissé prendre ?

Vous savez ce qu’il vous reste à faire à la prochaine rentrée…

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