Deux kilomètres de parcours assassin : au moins 84 tués et 18 blessés entre la vie et la à Nice.

Sur les écrans depuis mercredi, « Bastille Day », ce film d’action qui met en scène des attentats frappant la France le jour de la fête nationale et des hauts responsables cyniques, obsédés par leur rente de situation et les richesses qu’ils peuvent prélever.

Certains jours, la réalité semble rejoindre la fiction. Voici un ennemi, nous dit-on, connu des services de police (comme un Français sur cinq), mais pas des services de renseignement. Voici un ennemi qui peut circuler en plein centre de un soir de 14 juillet, au volant d’un camion de 20 tonnes, sans rencontrer aucun barrage, aucun point de contrôle, aucun périmètre de aux abords de l’événement de l’année, sur la plus célèbre promenade du monde. Le bon sens commun interroge le premier badaud : que vient faire un déménagement ou une livraison de supermarché avec un 20 tonnes un soir de 14 juillet ? Voici un homme qui peut foncer sur la promenade des Anglais avant qu’il ne sorte une arme et que le feu ne soit ouvert sur lui. Comment ne pas penser à la réactivité des militaires qui avaient ouvert le feu à Valence préventivement sur un parking, face un automobiliste mal intentionné ?

L’opération Sentinelle va être maintenue à son plus haut niveau alors que son impact sur l’ennemi est limité et que son maintien consomme une précieuse ressource. Pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, le président de la République va convoquer les anciens militaires pour reconstituer les réserves. Car les armées n’ont plus aucun homme à affecter à cette opération intérieure.

Si nos élus et notre administration ne sont pas en mesure d’assurer l’ordre public et la circulation, il est temps de les remettre sérieusement en question. Et il leur faudra trouver un autre argumentaire que celui de la menace de l’ultra- pour balayer les critiques et les rapports parlementaires qui s’accumulent depuis des années. Un ministre félicite « ses troupes » sans jamais rien remettre en question et déclare benoîtement « nous savions » .

Vous n’êtes pas payé pour « savoir », Monsieur le Ministre, mais pour faire.

15 juillet 2016

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.