La au Barroso est ouverte. Il est sur le départ donc chacun y va de sa fléchette. À Paris, on tombe sur lui à bras racourcix (Montebourg-Obelix).

M. Barroso est un ultra-libéral et je ne lui aurais certes pas confié le mandat de diriger la Commission européenne, sorte de machine hybride entre l’exécutif, le législatif et le consultatif, poste de commandement de l’Union européenne. Seulement voilà, ce sont les gouvernements eux-mêmes qui l’ont fait roi, ce Barroso, désormais « ce maudit animal, ce pelé, ce galeux d’où venait tout leur mal… ». Le fusible est commode, le bouc émissaire est utile. Pour pallier quelle impuissance ? Pour détourner le regard populaire de quoi ?

Eh bien c’est simple : le français (il n’est pas seul) peine à définir sa conception de l’Europe, oscillant au gré des vents et des rapports de force politiciens entre le laissez-faire libéral et le mouvement de menton protectionniste, ou les compromis médiocres au jour le jour.

Or ce dont nous avons besoin, c’est de sauver l’ des nations et des entrepreneurs : pour la sauver et lui donner des ailes, il faut affirmer qu’elle est un progrès, un atout, une ouverture, un gage de puissance, un nouvel alliage des nations et des cultures. Ni une basse-cour grande ouverte à usage des renards américains et chinois, ni un bastion fortifié protégeant l’imaginaire et glorieux passé prétendument chrétien. Qui tient ce discours dans le tohu bohu actuel des égoïsmes ou des contre-vérités historiques à usage de bassesse électorale ? Franchement, personne, hélas.

Alain Juppé s’y est essayé, ce week-end. Lui aussi, pourtant, a participé au Barroso-bashing, mais de plus haut, me semble-t-il, en défendant une qui ne serait pas naïve, cultiverait sa diversité culturelle (plutôt que « l’exception » : pour qui nous prenons-nous, sommes-nous si exceptionnels ?), une Europe qui exigerait la réciprocité dans les échanges commerciaux. Bref, une Europe ni ultra-libérale, ni mosaïque de nationalismes protectionnistes, mais une Europe di-ri-gée.

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25 juin 2013

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