L’art, la culture, la beauté, l’ouverture au monde, la mémoire de l’humanité, le printemps (arabe ou pas), la paix, la vie, en ce 1 2015, le musée du Bardo, ses tableaux, ses statues, ses témoignages du passé carthaginois, grec, romain, ottoman, français de la Tunisie, ses visiteurs venus du monde entier représentaient un concentré de tout ce que les analphabêtes humaines, qui s’autorisent à tuer des hommes au nom d’un Dieu de haine et de mort, exècrent, et donc une cible de choix. Les cibles, elles sont partout, civils ou militaires, musulmans ou « mécréants », hommes ou femmes, jeunes ou vieux. Et les assassins sont parmi nous, qui sortent du néant pour y rentrer aussitôt. Ils sont venus, ils ont tiré, ils ont tué.

Coup triple. D’abord le tableau de chasse. À eux deux, ils ont mis au tapis une vingtaine de victimes dont le seul crime était d’être au mauvais moment au mauvais endroit. Ils s’en sont pris au seul pays arabe où la « révolution » ne s’est pas traduite par une régression comme en Égypte, par une déstabilisation comme en Libye, par une guerre civile comme en Syrie, mais où la démocratie a poussé et grandi comme une fleur improbable entre les pavés. Le crime, enfin, paiera et satisfera ses commanditaires puisque quelques rafales auront suffi pour tuer la fragile reprise du tourisme dont dépend l’équilibre financier et de tout un pays. Et tout cela au prix négligeable de deux kalachnikov, de quelques chargeurs et de la vie de deux jeunes imbéciles fanatisés. C’est donné.

Et dire qu’il y a encore des États, des gouvernements, des ministres des Affaires étrangères et de simples citoyens pour se demander si, dans la guerre que font et ses émules à la civilisation, il n’y a pas lieu de rester circonspect et de tenir la balance égale entre le monstre et ceux qui le combattent ! Sous tous ses masques, sous ses appellations pompeuses, sous toutes ses formes, l’adversaire n’a qu’un seul visage où l’on peut lire le ricanement sinistre de la mort.

20 mars 2015

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