Une belle jeune femme blonde sur-maquillée toute de blanc vêtue reçoit, au bord de la d’hystérie, une couronne de strass et de paillettes d’une jumelle brune tout aussi apprêtée. Cette scène, pourtant digne du film Miss Détective, n’est pas issue d’un navet pour adolescentes évaporées, mais de la réalité : le fameux concours Miss USA.

Ce concours de beauté désigne, depuis 1952, la représentante des États-Unis pour le concours de Miss Univers et est le théâtre d’une compétition un peu consternante entre des greluches au narcissisme adolescent, sous l’œil matois de millions de téléspectateurs. Festival du kitsch, on assiste à des défilés de maillots de bain, des crises de larmes, des chorégraphies racoleuses, et à des animations aimablement préparées par les miss elles-mêmes (mention spéciale à la miss ventriloque, tout droit venue de son Ohio natal).

L’édition 2015 a donc sacré reine de beauté Kira Kazantsev, miss New York, une étudiante de 22 ans d’origine russe. Un rameau d’olivier entre les dents et elle aurait été une parfaite colombe de la paix pour les compatriotes de Poutine. Un choix qui a fait l’objet de nombreuses critiques venant des féministes, qui ont dénoncé le stéréotype de la blonde écervelée, mais aussi des conservateurs. Non pas pour son incapacité à épeler correctement le nom de l’écrivain Jane Austen ou encore pour le piètre étalage de son talent musical et de sa capacité à tapoter un gobelet. Mais pour le stage de trois mois qu’elle a effectué au planning familial de Hampstead, à New York, au début de l’année 2013.

Dans le cadre de celui-ci, elle a participé à des stages d’éducation sexuelle dans des écoles, et a donc, aux yeux de nombreux Américains, popularisé le plus grand business autour de l’ des États-Unis, ce qui lui a valu les surnoms de « Miss », ou « Baby killer », sur Twitter. Interrogée à ce sujet, elle a réitéré son soutien à l’avortement : « C’est vraiment important que les adolescents sachent quels moyens sont à leur disposition et qu’ils apprennent à être respectueux de leur corps et de celui des autres. » Une notion du corps d’autrui dont l’élasticité ne va pas jusqu’à l’enfant à naître...

Ce positionnement n’est pas partagé par toutes les miss : Miss Monde 2013, Megan Young, avait affirmé ses valeurs pro-vie, déclenchant l’ire des médias de masse. Le machisme des réactions laisse d’ailleurs songeur quant à l’aspect véritablement féministe de l’avortement.

Cette Kira, désormais symbole de la femme-objet américaine, dont le principal atout semble sa plastique, prône une liberté de la femme qui n’est que toute relative. Les pro- outre-Atlantique en sont-ils réduits à s’allier aux complices du machisme ?

23 septembre 2014

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