Si les Verts n’existaient pas, il faudrait surtout ne pas oublier de les inventer, ne serait-ce que pour égayer nos soirées automnales. Et remplacer le vide tragiquement laissé par la disparition du Bébête Show de Stéphane Collaro et Jean Roucas.

Ainsi, après les défections successives de et de François de Rugy, c’est désormais au tour de Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste au Parlement, de claquer la porte. Explications données au Monde : « J’ai décidé de reprendre ma liberté pour pouvoir faire ce qui est juste et me consacrer à l’essentiel. » Fichtre… Et quid de cet « essentiel » ? Ceci : « J’ai très mal vécu le choix qui a été fait par 274 militants de ma région d’une stratégie de division de la gauche. Cette stratégie risque de nous orienter vers une victoire du Front national. Elle a été validée au niveau national par mon parti : j’en tire les conséquences. Je quitte EELV et je me mets en retrait des partis politiques. »

Bon, ce n’est pas tout à fait l’exil de Victor Hugo sur l’île de Guernesey, mais c’est au moins un bon début, même si 274 militants, ce n’est pas exactement la marche sur Rome de Benito Mussolini. Pour autant, et c’est là que tout se complique, c’est que Barbara Pompili - déjà, rien que ce nom, on dirait celui d’une actrice de péplum italien des sixties, façon Gianna Maria Canale ; passons… - se refuse à rejoindre Les Écologistes, mouvement tout fraîchement fondé par et François de Rugy. « Ce n’est pas ma priorité », assure-t-elle. Laquelle, priorité, consiste, bis repetita placent, à « empêcher une victoire de Marine Le Pen ou de la dure… »

Certes, mais au-delà de cette obsession relevant, volens nolens, de l’ordre psychiatrique, où vont les Verts et l’écologie a-t-elle encore un sens ? Naguère, il s’agissait seulement de recycler les vieux chevaux de retour de l’extrême gauche dans un énième combat, plus sociétal que véritablement écologique : fumeurs de joints et adeptes du mariage pour tous, pour aller court.

Aujourd’hui, une tout autre affaire… Entre transfuges faisant de l’œil à la ou au centre, écologistes de synthèse cherchant une hypothétique alliance de « toute » la gauche, Verts de l’espèce transgénique qui ne savent plus trop bien où ils habitent, c’est - que le lecteur nous passe l’expression - le grand bordel.

Pour autant, que ce mouvement consiste en l’addition d’innombrables divisions internes, il est une qualité que l’on ne saurait ôter à ces zigomars, soit cet indéniable talent consistant à savoir compter…

En effet, Barbara Pompili n’entend évidemment pas abandonner sa coprésidence de l’Assemblée nationale. Les abeilles s’éteignent peu à peu, dans l’indifférence générale, mais pas folle, la guêpe ! Car un groupe parlementaire, ce sont des facilités financières, des locaux, un secrétariat, des subventions, le tout réglé aux frais de la princesse et acquitté sur le compte de la banque du rire.

Idem pour Jean-François Placé, son homologue du Sénat, la maison de retraite la plus luxueuse de France. Quand les rebelles en peau de lapin font cause commune avec la révolte des comptables, il y a donc de quoi s’inquiéter.

L’écologie, sujet bien trop sérieux pour être abandonné aux Verts ? Poser la question équivaut à y répondre.

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30 septembre 2015

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