Culture - Discours - Editoriaux - Politique - Société - 2 novembre 2015

Banlieues : la duplicité est l’apanage de nos dirigeants de gauche

Passé maître en l’organisation de cérémonies d’hommage, le pouvoir en place s’est fendu d’une énième commémoration qui avait pour cadre une cité de banlieue parisienne. À l’ombre des paraboles, rien de nouveau mais une confirmation : la duplicité est l’apanage de nos dirigeants de gauche. Drapés dans leurs discours de mixité sociale, d’ouverture et de démocratie, ils présentent une apparence en totale contradiction avec leurs actions de repli sur soi, de bornage et d’autoritarisme.

Trompeusement, le gouvernement s’affiche comme le grand promoteur de la démocratie, le grand pourfendeur des fascismes : vive le dialogue et la concertation ! Sus aux dictateurs !

Dans les faits, il substitue les préfets nommés par lui aux maires élus par le peuple, confisquant ainsi le pouvoir de décision de celui-ci. Désormais, les programmes de construction de logements sociaux dans les communes seront lancés, non légitimement par les édiles, mais autoritairement par les fonctionnaires établis par le pouvoir central. Cela ne serait-il pas contraire à un système politique où l’autorité est censée émaner du peuple ?

En apparence, Matignon défend des idées d’ouverture : non à l’enfermement ! Honnie soit la mise à l’écart !

En réalité, la politique de la ville n’est que bornage et zonage. Elle consiste à financer des actions menées dans les quartiers pour leurs habitants. En toute incohérence, elle ne crée pas d’activités au-dehors de la cité, qui seraient ouvertes aux gens des quartiers ni, dans un mouvement croisé, d’activités à l’intérieur, ouvertes aux gens de l’extérieur. Au contraire, alimentant le processus de vie en vase clos, la dernière idée en cours est de permettre à des jeunes de monter leur entreprise dans le périmètre de leur HLM. Cela ne favoriserait-il pas la poursuite de la ghettoïsation ?

En paroles, la gauche prône la mixité sociale, la rencontre de “l’Autre” : oh, les mots fleuris des rappeurs ! Ah, les sonorités gutturales des langues étrangères ! Hmm, les senteurs relevées des épices orientales !

En vérité, le repli sur soi est de rigueur : les maires des communes au fort taux de logements sociaux ne souhaitent pas voir partir des électeurs acquis à leur nom. Dans l’autre sens, les sympathisants aisés de la rue de Solférino se gardent bien d’envoyer leur progéniture s’enrichir, comme ils disent, du langage, des postures, des codes vestimentaires en usage dans les banlieues. Elle va à l’école privée, privée de racaille comme le précise Renaud dans sa chanson « Les Bobos ». Au final, l’écart n’aura jamais été aussi grand entre la culture du quartier et celle du reste de la société. Tout cela ne se nommerait-il pas entre-soi ?

Le hiatus entre parole et action socialistes ne prête même pas à rire car la seule perspective de ces jeunes est de trouver une petite place dans l’économie parallèle. Cela est un grand malheur.

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