Jeudi à Bamako, le président Hollande a dit ce qu’il fallait dire. L’opération Serval, déclenchée le 11 février dernier, est un succès. L’intégralité du territoire malien a été libérée des forces du mal : celles des terroristes, des obscurantistes et autres trafiquants en tout genre. Malgré le jeûne du ramadan et la saison des pluies, les élections présidentielles ont pu se dérouler et un nouveau chef de l’État a été élu démocratiquement sans que le résultat de l’élection ne suscite la moindre contestation, le moindre doute. Le président Ibrahim Boubacar Keïta peut à présent s’atteler à l’immense tâche de la reconstruction de son pays et à la réconciliation de son peuple, afin de gagner la paix.

Le président français, seul chef d’État ou de gouvernement non africain présent à la cérémonie d’investiture, a donc eu raison de faire le déplacement de Bamako et de se féliciter du succès de l’opération lancée à son initiative, avec le concours, sur le terrain, de l’armée tchadienne. Au Mali, le rôle de la France a été exemplaire et chacun, tant en Europe qu’en Afrique, ne peut que s’en réjouir. La France et ses alliés africains ont su faire face efficacement au danger mortel représenté par les groupes armés islamistes.

Il faut maintenant espérer que ce succès africain ne sera pas effacé par une nouvelle intervention militaire, cette fois-ci en Syrie. Ce dernier pays n’est pas le Mali. Le contexte géopolitique, historique, religieux n’y est pas le même. Il est cependant un point commun à ces deux conflits : on y retrouve le même péril, incarné par des groupes djihadistes surarmés et « surfinancés ». Dans ces deux conflits, le financement a la même origine : l’Arabie saoudite et le Qatar principalement, deux « alliés » de l’Occident. Le danger représenté par ces groupes est provisoirement écarté au Mali. Pourquoi donc faudrait-il que la France soutienne, en Syrie, même de manière indirecte, ce qu’elle a contribué à éradiquer au Mali ? François Hollande a tort lorsqu’il se prononce pour des livraisons d’armes contrôlées en faveur des insurgés non islamistes de Syrie. Ces derniers, de l’avis de tous les experts, ne font pas le poids face aux groupes djihadistes. La prise, mercredi dernier, d’une ville proche de la frontière turque, jusque-là tenue par l’ASL, en constitue une preuve supplémentaire.

En Syrie, il s’agit de décider ce qui constitue le plus grand danger, entre le régime et les groupes obscurantistes. Il me semble que le second est bien plus grand que le premier, tant pour l’équilibre régional que pour la cohésion interne du pays, constitué, comme on le sait, de multiples composantes ethniques et religieuses. Il s’agit ensuite de trouver une solution entre ledit régime et l’opposition non islamiste, armée mais aussi non armée, avec l’appui, entre autres, de la France, des États-Unis et de la Russie. C’est sans doute plus facile à écrire qu’à réaliser, mais je reste persuadé que c’est la seule solution pour résoudre ce conflit qui n’a que trop duré.

PS : autre élément positif à retenir de la visite de François Hollande à Bamako : le président français a exprimé son inquiétude au sujet de la situation en République Centrafricaine. Ce pays s’enfonce dans l’horreur et la désolation, dans l’indifférence générale de la « communauté internationale ».

23 septembre 2013

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