Pour beaucoup, le nom de Patrick Balkany est synonyme de petits arrangements et de grosses magouilles ; l’incarnation d’un système politique vérolé qui n’a que trop duré et qu’on aimerait enfin voir disparaître. C’est peut-être pour bientôt : les juges d’instruction du pôle financier Renaud Van Ruymbecke et Patricia Simon, qui l’ont mis en examen pour « corruption passive » et « blanchiment de fraude fiscale », réclament la levée de son immunité parlementaire.

Le maire de Levallois-Perret aurait amassé une petite fortune à grand renfort de commissions occultes dans le cadre de contrats internationaux et de marchés publics dans sa municipalité. Et dire que le couple Balkany n’est même pas assujetti à l’ISF ! Forcément, puisqu’il aurait pris soin d’organiser son évasion fiscale via des comptes offshore et des sociétés écrans dotées de ramifications en Suisse, au Lichtenstein et à Saint-Martin.

Ainsi, l’édile aurait perçu cinq millions de dollars pour avoir servi d’intermédiaire dans l’achat par AREVA d’une canadienne d’exploitation de mines d’uranium basées en Afrique. La somme aurait été dissimulée sur un compte à Singapour, avec l’aide de Maître Arnaud Claude, associé de son bon ami Nicolas Sarkozy. Didier Schuller, son ancien comparse condamné dans la célèbre affaire de l’office HLM des Hauts-de-Seine, affirme aujourd’hui, documents à l’appui, « qu’il a quand même blanchi 33 millions de francs et qu’il possède un caché ».

Les Balkany disposent notamment de plusieurs lieux de villégiature, dont certains non déclarés : ils aiment prendre leurs quartiers dans la luxueuse villa Pamplemousse de Saint-Martin, se prélasser dans l’exotisme de leur riad de 1.600 m2 à Marrakech ou l’ambiance champêtre de leur vaste moulin de Giverny. Des travaux pharaoniques y ont été gracieusement réalisés par une entreprise privée en échange d’attributions de marchés publics à Levallois. Les nombreux déplacements aux Antilles en classe affaires sont réglés en espèces à une agence de voyages et dépassent très largement le plafond autorisé : pas moins de 87.367 euros entre 2010 et 2013.

TRACFIN, la cellule anti-blanchiment de Bercy, a observé un écart considérable entre le train de vie somptuaire du couple et ses revenus déclarés de 136.098 euros, qui ne couvrent même pas les frais d’employés de maison de 195.733 euros ! Sans compter que monsieur le maire a l’habitude d’utiliser pour son usage personnel des employés municipaux, tels des policiers ou des chauffeurs – des pratiques qui lui avaient déjà valu une condamnation en 1996 pour prise illégale d’intérêts. Les débits annuels de carte bleue du couple atteignent jusqu’à 360.000 euros.

Patrick Balkany est aussi rattrapé par la croustillante affaire Bygmalion : un contrat de 192.000 euros a été conclu entre cette et la ville de Levallois pour créer un compte Twitter qui existait déjà et refondre un site Internet qui n’a jamais vu arriver l’ombre d’une modification. Dès 2009, la chambre régionale des comptes d’Île-de- alertait sur la gestion débridée de la commune : explosion des festives, « anomalies » dans le contrôle des frais… En 2011, Levallois était sacrée ville la plus endettée de France : 11.484 euros par habitant, soit une hausse de 306 % par rapport à 2000. Balkany, lui, n’a jamais cessé de s’enrichir.

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21 février 2015

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