« Si rien ne change, ce sont entre 1.500 et 3.000 communes qui se retrouveront sous tutelle à la fin de l’exercice 2016. Et beaucoup dans les mois qui suivront » (François Baroin, président de l’Association des maires de France). Une question de survie ! Le ton est donné. Samedi 19 septembre, l’AMF compte sur les maires pour organiser une vaste mobilisation nationale de sensibilisation citoyenne.

Aux édiles et à leur équipe d’exposer les dilemmes auxquels ils sont confrontés suite à la baisse brutale des dotations d’État (2 milliards en moins pour le bloc communal sur 2016). Rencontre avec les habitants, diffusion de tracts, défilé d’élus en écharpe… Chacun sa méthode. Une pétition circule sur la Toile. Là encore, on n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Plus d’eau pour votre douche. Plus d’équipements pour faire du sport. Plus d’écoles, de crèches et de cantines pour vos enfants. Plus de pour aller travailler », peut-on lire, et j’en passe et des meilleures. Ah, ça ! nos politicards savent trouver des slogans percutants, tant pour gagner une élection que pour faire pleurer la ménagère.

L’objectif : donner du poids aux revendications de l’AMF dans son bras de fer de plus de six mois avec le gouvernement. Pas sûr que le message passe auprès des administrés, pas sûr qu’ils réagissent tous positivement. Des contribuables, à l’heure des douloureuses fiscales, pourraient être tentés de regarder les tendances évolutives de certains postes de dépenses communales (réception, publication, concours divers, etc.) et d’aller faire un tour sur les comptes de l’intercommunalité, intimement liés. Un examen en quelques lieux pouvant réserver bien des surprises.

Depuis des années et ce, bien avant que l’État ne décide de revoir son apport annuel aux communes, la Cour des comptes dénonce une vitalité plus qu’inquiétante de la dépense locale, des embauches à tour de bras, alors que les recettes stagnent. En vain, elle appelle les élus à plus de sagesse et de rigueur.

Est-ce à l’État, même si celui-ci est mal placé ces derniers temps pour donner des leçons, de lâcher du lest ou aux communes de s’adapter à la nouvelle donne budgétaire ?

Le niveau de la dette française (estimé à 98 % du PIB à fin 2015) exige un changement d’ampleur des pratiques publiques. Participer à l’effort national de réduction est un incontournable auquel aucune entité publique ne peut se soustraire. Le gel des dotations pour trois ans décrété sous le précédent quinquennat n’a pas suffi à calmer le réflexe dépensier. Selon les sages de la rue Cambon, l’entêtement d’édiles à ne pas vouloir modifier leur façon d’agir a participé pour un tiers au retard pris par la France dans la réduction de ses déficits. Le couperet est tombé.

Parmi les élus, il y a les incorrigibles cigales bien agrippées à leur siège et il y a les bons pères de famille pour qui le sou du contribuable est précieux. Il y a les maires qui pleurent des temps dorés et ceux plein de ressources qui font résolument face. Coopération, mutualisation sont plus que jamais d’actualité. Des communes nouvelles verront ainsi le jour le 1er janvier 2016.

« Une perpétuelle fuite en avant n’est plus acceptable. Les citoyens exigent, et exigeront de plus en plus, l’obtention de résultats. Les politiques de tous bords confondus doivent immédiatement modifier leur pratique de la chose publique, de la commune au plus haut sommet de l’État, sans quoi ils n’échapperont pas à une colère citoyenne montante » (extrait de Démocratie en péril : le regard d’une citoyenne engagée).

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