Editoriaux - 31 octobre 2014

À Bagnolet, on ose fêter le « soulèvement du peuple algérien » !

1er novembre 1954, premier jour (déjà sanglant) de l’insurrection algérienne, premier jour de la guerre d’Algérie, jour de deuil pour la France.

1er novembre 2014, une municipalité socialiste de Seine-Saint-Denis commémore le « soulèvement du peuple algérien » : jour de fête à Bagnolet !
Notre ami Manuel Gomez n’est pas d’accord…
B.V.

 
Le 1er novembre 1954, le peuple algérien se soulève.

À l’initiative de la Bourse du Travail, Bagnolet « fête » ce soulèvement et commémore ainsi l’insurrection du peuple algérien en compagnie des « Amis de l’Humanité » et des PCF, PG, PRG, PS, CGT, etc.

Ceux qui sont morts ce 1er novembre 1954, assassinés par les terroristes du FLN, remercient Bagnolet et sa municipalité à titre posthume :

– le jeune instituteur Guy Monnerot (sa femme grièvement blessée survivra) ;
– le caïd de M’Chounèche, Ben Hadj Saddok ;
– Laurent François, 22 ans, à peine libéré du service militaire ;
– lieutenant Darnault plus deux spahis à Kenchela ;
– le garde forestier François Braun près de Saint-Denis-du-Sig ;
– le brigadier-chef Eugène Cohet ;
– le soldat Pierre Audat, du 9e régiment des chasseurs d’Afrique ;
– le policier Hamed Harouk de Draâ-el-Mizan.

Le 1er novembre 1954 ne fut pas une journée très glorieuse pour les terroristes du FLN : dix morts à son actif et trois bombes qui explosent, sur les vingt posées, sans faire de gros dégâts ni de victimes… quel dommage !

Mais si les élus de Bagnolet souhaitent « fêter » des victoires du FLN, le choix est grand, bien d’autres dates sont à sa disposition. Voici quelques exemples parmi bien d’autres  :

– El Halia, le 20 août 1955, 71 bébés, enfants, femmes, vieillards violés, dépecés vivants, égorgés, écrasés contre les murs ;
– Palestro, le 18 mai 1956, 21 jeunes « appelés » du contingent, tous de la région parisienne (peut-être même de Bagnolet ; ce serait drôle, non ?), massacrés et retrouvés mutilés et les testicules dans la bouche ;
– Melouza, le 28 mai 1957, 301 Arabes assassinés par le FLN.

Et, enfin, le 5 juillet 1962 à Oran, près de 3.000 victimes au palmarès de l’ALN et du FLN.

Autant de dates qu’on se fera certainement un plaisir de commémorer à Bagnolet. Les occasions de faire la fête sont si rares.

À lire aussi

8 janvier 1961 : l’abandon de l’Algérie était voté

Par 75 % des votants, l’autodétermination, donc l’abandon de l’Algérie par la France, étai…