Editoriaux - International - Politique - 5 juin 2015

Quand Bagdad sera tombée aux mains des djihadistes

Après la prise de Syrte, en Libye, par les combattants de l’État islamique, une réunion d’urgence s’est tenue entre les responsables militaires de trois pays : L’Algérie, l’Égypte et la Tunisie, en présence d’un représentant du gouvernement provisoire libyen, Abdallah Al Thani, dans le but de tenter de stopper la progression quotidienne des djihadistes dans ce pays voisin.

Cela après le constat que plus de 4.000 raids aériens menés par les États-Unis et la formation sur le terrain de l’armée irakienne n’ont pas empêché sa débâcle et permis à l’État islamique de s’emparer de Ramadi.

Autour du lac Tchad, le nouveau président nigérien, Muhammadu Buhari, qui a promis lors de son élection d’anéantir la secte terroriste Boko Haram qui a fait plus de 15.000 morts et obligé 1.500.000 personnes à se déplacer au cours des six dernières années, a annoncé que la force mixte multinationale serait opérationelle dès les prochaines semaines.

Composée de 8.700 soldats et financée par la communauté internationale, elle bénéficiera du soutien logistique et de renseignement de l’armée française sur le terrain des opérations depuis de trop nombreux mois.

Enfin, à Paris, lors de la toute récente réunion de la coalition, le ministre irakien Haïder al-Abadi n’a pas mâché ses mots pour critiquer l’aide internationale apportée à son armée pour combattre efficacement l’État islamique : “Il y a beaucoup de mots mais peu d’actions. Nous sommes confrontés depuis un an à l’avancée des djihadistes. Vous ne nous aidez pas suffisamment en armes et en munitions. Nous n’avons reçu, jusqu’à présent, presque rien et nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. En raison des sanctions américaines contre la Russie, nous ne pouvons plus lui acheter des armes. L’argent est là, à la banque, mais nous ne pouvons pas l’avoir. Nous ne vous demandons pas de nous offrir ces armes mais, s’il vous plaît, laissez-nous les acheter d’une manière plus facile.
Comment expliquez-vous qu’autant de terroristes viennent d’Arabie saoudite, du Golfe, d’Égypte, de Turquie, de Syrie et de nombreux pays européens ? Ils composent 60 % des combattants de Daech. Il y a là un problème international que vous devez résoudre très rapidement.
C’est au sein de votre coalition qu’un travail politique doit être accompli.”

La Syrie a, bien entendu, été au centre de cette réunion de la coalition.

La situation s’est considérablement dégradée au cours des derniers mois et l’État islamique contrôle plus de la moitié du pays.

Comme on le constate, la mobilisation devient internationale devant l’urgence et l’inquiétude que provoquent les succès de Daech.

Si l’Iran, qui ne fait pas partie de la coalition, soutient et soutiendra jusqu’à la fin du conflit Bachar el-Assad et que les États-Unis lui apportent également leur aide, en revanche la France, par la voix de son Président, continue à s’obstiner dans son raisonnement stupide en refusant de soutenir ce pays tant que el-Assad en sera le dictateur.

Dès lors, quand Bagdad sera tombée aux mains des djihadistes, grâce aux atermoiements idéologiques de notre « Chevalier blanc » qui profitent à Daech et au Front Al-Nosra, et que la Syrie sera devenue un État islamique, alors, M. François Hollande, il sera trop tard et vous serez l’un des responsables de la résurrection de ce « califat » espéré par les islamistes depuis des siècles et qui se dessine chaque mois un peu plus.

À lire aussi

8 janvier 1961 : l’abandon de l’Algérie était voté

Par 75 % des votants, l’autodétermination, donc l’abandon de l’Algérie par la France, étai…