C’est avec des youyous qu’il convient d’accueillir la décision de la Cour de cassation du 19 mars 2013 : la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français vient de donner raison à une salariée d’une crèche privée, licenciée en raison du port du voile islamique, cassant l’arrêt de la cour d’appel de Versailles qui avait estimé fondée la décision de licenciement.

En indiquant que les dispositions du règlement intérieur de la crèche selon lesquelles « le principe de la liberté de conscience et de religion de chacun des membres du personnel ne peut faire obstacle au respect des principes de laïcité et de neutralité qui s’appliquent dans l’exercice de l’ensemble des activités développées par Baby Loup, tant dans les locaux de la crèche ou ses annexes qu’en accompagnement extérieur des enfants confiés à la crèche » constituent une « restriction générale et imprécise » ne répondant pas aux exigences du Code du travail, la Cour de cassation a rendu une décision juridiquement fort contestable, que ne renieraient pas les idéologues de la Cour européenne des droits de l’homme.

À toute chose malheur est bon : cette décision inique peut être la pomme de discorde qui fera exploser la majorité parlementaire. En effet, deux lignes divergentes s’affirment clairement à gauche.

D’un côté, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a déclaré à l’Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement : « Je veux vous dire combien je regrette la décision de la Cour de cassation aujourd’hui sur la crèche Baby Loup et sur cette mise en cause de la laïcité. » ; de l’autre, les gogos habituels de l’antiracisme, parmi lesquels une certaine Sihem Souid, ancienne fonctionnaire de police, recrutée par Taubira à son cabinet, qui tient des propos absolument sidérants sur son compte Twitter : https://twitter.com/SouidSihem. Le fait qu’un membre du cabinet du ministre de la Justice commente des décisions de justice ne semblant d’ailleurs poser aucun problème au royaume de Hollande (mais Pépère ayant d’autres Cahuzac à fouetter, laissons-le à l’écart de tout ça…).

Comment répondre aux juges ? Par la loi, pardi ! Les magistrats prenant un malin plaisir à se glisser régulièrement dans les interstices laissés par la législation, voire à dévoyer totalement la volonté du législateur, les textes votés par les représentants du peuple doivent leur laisser le moins de marge de manœuvre possible et les confiner au rôle de gardiens du droit existant qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

Il est peu probable que le gouvernement se risque à élaborer un projet de loi destiné à interdire le port de signes religieux distinctifs dans les établissements accueillant des enfants, qu’ils soient publics ou privés. En revanche, si l’opposition a un quelconque sens de l’intérêt général, elle devrait déposer une proposition à cette fin, qui permettrait de sauvegarder la laïcité, et de claquer le beignet aux juges, joignant ainsi l’utile à l’agréable.

Nous verrons alors quelle sera l’attitude du gouvernement face à cette proposition parlementaire : la gauche défendra-t-elle, à travers la laïcité, les valeurs dont elle se targue, ou fera-t-elle preuve comme souvent de sa lâcheté congénitale face aux revendications communautaristes ? François Hollande privilégiant ses valeurs à ses (prétendus) intérêts électoraux, reconnaissez avec moi que cela ne semble pas être l’option la plus probable…

À lire aussi

Ceci n’est pas une femme !

Cette affaire illustre une énième fois la niaiserie profonde de ces prétendues féministes.…