Le JDD résume la situation dimanche : « Trump suscite l’hostilité de huit Français sur dix », avec 50 % de très mauvaises opinions, et 22 % de plutôt mauvaises. Intéressant…

Le 6 juillet 2015, dix mois plus tôt et un mois après sa déclaration de candidature, les commentateurs américains concluaient que 93,5 % des électeurs étaient hostiles à Trump, puisqu’il n’avait que 6,5 % de sondages favorables. Dix mois plus tard, Trump rassemble entre 55 et 60 % des votes lors des sept dernières élections primaires. Renversant…

Voilà pourquoi l’iconoclaste réussit : d’abord, en déni de réalité, l’opposition frictionne les chiffres « trumpiens » pour se rassurer, jusqu’à ce que ce soit trop tard. On essaie alors les manœuvres politiciennes, les jeux électoralistes d’un système antique… et cela empire. Survient, enfin, l’affreuse vérité : Trump, démocrate de toute une vie, mais immigrant légal dans un parti inconscient de sa morbidité, lance et gagne une révolte d’actionnaires – les électeurs – qui vont débarquer un conseil d’administration (les élus—prisonnier du « gravy train » -les bonnes planques- de Washington).

Le chroniqueur de CNN Van Jones, brillant post-marxiste proche d’Obama, a lancé un sombre avertissement le 1er mai dernier, suivi de diverses interventions télévisées. Dans « Pourquoi Trump va gagner », il dénonce ses amis démocrates qui s’imaginent que Clinton va faire une bouchée du Donald à cause de ses taux pharamineux d’opinions négatives dans les sondages et que, dans la foulée, les républicains vont perdre le et la Chambre des représentants. « Rien n’est plus faux. Les démocrates, comme avant les républicains, prennent Trump à la légère… Ils ne comprennent pas cet immense besoin de changement en tout, sur tout, et pour tout. Les démocrates ont pris pour acquis et négligé le Rust Belt [états industriels sinistrés] qui se tournent vers Trump. Ces gens ne nous regardent pas à la télé. Seuls les gagnants de la nous regardent. Comme nous, ceux-là sont bien payés, achètent chez Walmart, pétris d’ingratitude… »

Puis Van Jones fait un commentaire lumineux sur la faiblesse de Trump dans les minorités raciales : « Certes, 70 % des Afro-Américains ont une horrible opinion de Trump. Mais ça veut dire que 30 % d’entre eux pourraient le soutenir [beaucoup plus que Romney en 2012]. Si Trump en prend la moitié, il est président. Car les démocrates ont besoin de 92 % pour gagner. » Bref, Trump va mordre sur l’électorat démocrate, trahi par son élite, grâce à sa maestria médiatique : « Franklin D. Roosevelt avait changé le jeu en maîtrisant l’usage de la radio, JFK celui de la télévision, et Trump celui des sociaux, en particulier Twitter, comme de la télé-réalité [électorat ouvrier]. »

Que ce soit en Amérique ou en Europe, il y a un risque très réel de réappropriation des gouvernements par leurs actionnaires, mais c’est aux États-Unis que le passage de la planque du pouvoir à la planche du corsaire semble le plus palpable. Pourquoi ? Parce que Trump refait des républicains le parti de Lincoln. Les enjeux, aujourd’hui, sont les même qu’à l’époque : souveraineté économique et industrielle contre mondialisme libre-échangiste des plantations, assis sur une main-d’œuvre importée et exploitée.

Attendons le prochain sondage du JDD, par exemple en novembre…

8 mai 2016

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