nous l’avait promis, juré, craché dans les micros du temps de sa campagne : lui président, c’en serait fini des effectifs pléthoriques des cabinets ministériels, et même de certains ministères. Équipes restreintes, budgets serrés, on enverrait se faire voir les inutiles, on redistribuerait les stylos et les gommes, on écrirait au verso des enveloppes pour faire des économies de papier. La France, enfin, resserrerait les cordons de sa bourse et le citoyen apaisé verrait s’éloigner dans le lointain le spectre des années impécunieuses. Non mais, on allait voir ce qu’on allait voir !

On voit.

On voit d’abord qu’il y a une hiérarchie dans les promesses : celles qu’on tient, celles à tenir, et celles qu’on peut oublier.

Au palmarès des promesses tenues : « faire payer les riches ». Il faut bien donner des gages aux troupes de Mélenchon. Sauf que les riches commencent juste au-dessus du SMIC. Le riche, c’est le gars qui a un boulot suffisamment payé pour être imposable. Et si sa femme travaille aussi, alors là, c’est un salaud de riche qui mérite encore plus d’être tondu. Celui-là, on lui pond quasiment un nouvel impôt par semaine. Pour fêter l’arrivée du soleil, on lui a annoncé hier la diminution de l’allocation de rentrée pour ses gamins et l’abaissement du plafond du quotient familial. Résultat : une augmentation de l’impôt de 60 à 80 euros par mois pour 1,3 million de familles. Argument du gouvernement qui avait pourtant promis de ne plus en rajouter : 95 % de ces ménages appartiennent aux 20 % des ménages les plus aisés. Sachant que le revenu moyen net par ménage est de 2.354 euros, on parle là de familles qui tournent autour de 4.000 euros et paient déjà partout le tarif maximum. De vrais salauds de riches !

Viennent ensuite les promesses à tenir : l’assassinat des auto-entrepreneurs pour satisfaire les artisans du bâtiment, par exemple, ou l’embauche de 60.000 enseignants pour éviter de se faire charger par le mammouth.

Quant aux promesses qu’on n’est pas obligé de tenir, ce sont bien sûr celles qui concernent la réduction du train de vie de l’État. D’ailleurs, c’est bien simple, on n’a engagé jusqu’ici aucune réforme de fond, l’augmentation des impôts étant depuis un an le seul traitement appliqué au redressement (!) de notre économie moribonde. Pendant ce temps, on continue à recruter des fonctionnaires de luxe pour étoffer nos cabinets ministériels. Et tant qu’à faire, des amis, des amants et des fils de.

En août dernier, le nouveau gouvernement Ayrault se vantait de n’avoir « que » 525 collaborateurs dans les équipes ministérielles. Depuis, les effectifs ont grimpé de 8 %. Certains ministres sont plus gourmands que d’autres : Arnaud Montebourg, par exemple, dont il semblerait que l’entourage soit inversement proportionnel à l’efficacité.

Là encore, on nous livre une explication touchante. Je résume : ce gouvernement étant formé d’amateurs, il leur faut pléthore de conseillers pour les encadrer. Le fils de madame Agacinski-Jospin, par exemple, ou encore Bruno Julliard, ex-patron de l’UNEF et brillant meneur de revue dans les manifs anti-CPE des années 2000. Une carrière exemplaire que celle de ce garçon passé directement du stade d’étudiant à « homme politique », adjoint à la culture du maire de Paris, puis secrétaire à l’éducation au PS avant de devenir conseiller du ministre Peillon. Puisqu’il a jugé utile de le faire savoir, ajoutons qu’il est homosexuel et militant de la cause. Un Harlem Désir bis, en somme.

Enfin, il faut savoir que 40 % de ces gens sont issus de l’ENA, chiffre qui grimpe à 90 % s’agissant des directeurs de cabinet et de leurs adjoints. Des gens plus talentueux que d’autres pour activer la machine à fabriquer de l’impôt…

5 juin 2013

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