On le croyait suranné, désuet, voire moribond : le français fête ces jours-ci, allègrement, ses cent ans d’existence et se porte bien. À l’initiative du journal La Croix, invitant les guides et scouts de tous âges à dire quel impact avait eu le scoutisme sur leur vie, les témoignages affluent en nombre, à l’occasion de la Journée annuelle du scoutisme ce samedi 22 février. L’expérience scoute a laissé une empreinte profonde et durable chez toutes celles et ceux qui l’ont vécue. Scout un jour, scout toujours : nous sommes quelques-un(e)s à Boulevard Voltaire – n’est-ce pas, Emmanuelle Duverger ou Michel Cardoze, alias “pinson bohème” – à être passés par cette école de vie qu’un général anglais avait imaginée au début du siècle dernier.

Scouting For Boys (Éclaireurs), cette idée géniale, Lord Baden-Powell l’avait eue pendant la guerre des Boers en Afrique du Sud, lors du siège de Mafeking, où il confia avec succès aux jeunes de la ville la mission de transmettre des messages à pied et à vélo, comme estafettes, sentinelles ou éclaireurs. À son retour à Londres en 1907, Baden-Powell emmena les jeunes des quartiers désœuvrés sur l’île de Brownsea pour le premier camp scout de l’histoire. Le scoutisme était né et compte aujourd’hui 40 millions de scouts et guides dans le monde, un million d’anciens en France et 110.000 adhérents au Scoutisme français, regroupant les différents mouvements de chaque confession.

En cette date anniversaire, la polémique n’est sans doute pas de mise. On peut néanmoins regretter que la réforme pédagogique des Scouts de France en 1964 ait fait éclater le scoutisme catholique où, pour simplifier, la chemise rouge du… pionnier remplaça l’uniforme kaki de la branche éclaireur et le béret vert des raiders-scouts. Deux autres mouvements catholiques virent le jour, les Guides et Scouts d’Europe (29.000 adhérents) et les Scouts unitaires de France (25.000) qui restent fidèles aux principes fondateurs de Lord Baden-Powell.

Pour nombre d’entre nous, le scoutisme se transcendait également à travers la collection Signe de Piste, avec la bande des Ayacks, le Chat-Tigre ou le Prince Éric qui furent les héros de notre adolescence. On ne dira sans doute jamais assez la modernité d’une pédagogie solidaire et responsable, l’importance qu’elle a pu avoir dans nombre de vocations sociales, politiques, artistiques ou professionnelles. Michèle Pelletier (“Autruche affolée”), Michel Rocard (“Hamster érudit”), Jacques Chirac (“Bison égocentrique”), Isabelle Huppert, Olivier de Kersauson (“Albatros irascible”), Hergé (“Renard curieux”), Jean Dujardin, autant de guides ou de scouts dont les totems sont révélateurs. Plus que jamais, le scoutisme de Baden-Powell reste un « espace de découvertes, d’aventure et de partage » que Scout un jour vous invite à découvrir sur son site.

20 février 2014

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