Editoriaux - Médias - Politique - 22 novembre 2016

Aurons-nous enfin des excuses ?

Il y eut le Brexit avec ses sondages et ses médias qui se sont plantés en beauté après avoir fait massivement campagne contre la volonté populaire exprimée.

Il y eut l’élection de Trump où l’erreur des sondages et des médias fut de plus grande ampleur encore.

Il y a maintenant la primaire ouverte de la droite et du centre où l’on constate, une fois de plus, le même phénomène ! Depuis des mois, les sondages et les médias, à leur quasi-unanimité, nous bassinent avec des estimations erronées et des analyses qui laissent à penser que tout est presque joué. Lorsque les faiseurs d’opinion projettent sur le peuple leurs désirs…

Comment peut-on expliquer de tels écarts entre les sondages et la réalité ? N’étant ni statisticien ni spécialiste politique, je ne sais pas l’expliquer.

En revanche, on peut s’interroger : pourquoi les médias et les commentateurs continuent-ils toujours autant à recourir aux sondages et à fonder leurs analyses sur ces enquêtes ? Pourquoi des gens censés être intelligents et aguerris à la vie politique peuvent-ils continuer à médiatiser autant les sondages sans jamais prendre les moindres précautions oratoires sur leur pertinence ?

Ces faiseurs d’opinion, à commencer par les journalistes et commentateurs politiques, vont-ils enfin faire leur mea culpa, s’excuser d’avoir autant trompé les Français sur la réalité du jeu politique ? On peut l’espérer, mais on peut aussi en douter car la médiacratie est un petit monde qui se regarde le nombril et qui vit dans un entre-soi parisien coupé de bon nombres de réalités vécues par le peuple.

Et, surtout, la médiacratie est politiquement orientée dans sa très grande majorité. Souvenons-nous des votes effectués en 2012 dans les écoles de journalisme de Paris et de Lille qui donnaient très massivement les suffrages à François Hollande. En étant autant orientée idéologiquement, la production des médias ne peut qu’être elle aussi orientée.

Les acteurs de la médiacratie vont-ils s’assagir et enfin cesser de divulguer des sondages hebdomadaires sur tout et sur rien ? Non, bien sûr. Avec ces successions de sondages, ils se dispensent de toute réflexion de fond qui les obligerait à se remettre en question et se contentent d’un niveau de médiocrité dont ils n’ont même pas conscience et qui les étonne, ensuite, lorsqu’ils voient les résultats.

Rassurez-vous donc… ils vont continuer à nous assommer de sondages chaque semaine !

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