Pour la France, ou toute autre puissance d’historique envergure internationale, il y a toujours plusieurs manières d’envisager la géopolitique. Soit, pour s’en remettre à Jacques Bainville, historique tête pensante de notre Quai d’Orsay, de savoir faire la différence entre le vrai et le faux ennemi ; le vrai comme le faux ami. Diagnostic méritant par ailleurs ce codicille de Louis XIV dont nous fêtons aujourd’hui le tricentenaire, voulant qu’une nation – la France au premier chef – n’ait ni amis, ni ennemis, mais que des intérêts.

C’est à cette aune pesée que l’on se rend compte, aujourd’hui en mais aussi partout ailleurs, que notre actuelle politique étrangère n’est plus qu’un énorme sac de couilles, pour demeurer polis.

Et c’est d’ailleurs un crève-cœur que ce soit le Guardian, sorte d’équivalent britannique de notre Monde – mais, après tout, comme référence, cela vaudra toujours mieux que la presse de caniveau de Rupert Murdoch -, qui nous révèle ceci.

En effet, dès 2012, les Russes proposaient à l’Europe, par voies détournées il va de soi, un règlement à l’amiable du début de la crise syrienne, avant que les résultats de cette dernière ne se chiffrent à une addition de près de 300.000 morts, civils et militaires confondus. De quoi s’agissait-il alors ? Tout simplement d’une très discrète passation de pouvoir entre et ses successeurs putatifs. Voilà qui n’aurait fait pleurer personne, sachant que le jeune Bachar ne fut qu’un successeur de dernière minute ; son frère, de longue date programmé pour le pouvoir, ayant fortuitement rendu l’âme à Dieu dans un accident de la route. On pourrait aussi longuement gloser sur cette manie voulant que des officiers nationaux-socialistes ayant renversé les monarchies d’antan les remplacent par des dynasties républicaines ; mais là n’est pas le propos.

Il n’empêche que cette proposition de couloirs et d’antichambres diplomatiques aurait au moins valu le coup d’être examinée de plus près. Il n’en a rien été. Pour aller bref, aux Russes qui jouaient alors les intermédiaires, la réponse fut « Niet » !

Ce fut très bête : car avant que l’affaire ne s’envenime, il aurait seulement suffi au jeune Bachar el-Assad de tenir les promesses qu’il avait faites, à ces jeunes qui ne réclamaient finalement pas grand-chose : quelques liberté publiques. Soit, à défaut d’une démocratie à l’occidentale, un avenir pour des jeunes qui ne soit pas indexé à sa carte prise au parti Baas, comme il peut l’être aujourd’hui à l’appartenance à l’armée égyptienne ou, jadis, à la famille Ben Ali en Tunisie.

Bref, le peuple de Syrie ne demandait pas l’impossible… Mais, pour la France d’alors, celle de Nicolas Hollande et de François Sarkozy, c’était trop.

Du coup, et à en croire Le Point : « Daech a pris une place dramatique sur le terrain et les Syriens qui fuient un conflit sans fin plongent l’Europe dans l’une de ses plus graves crises. Les diplomates se défendent et avancent qu’à cette époque le président syrien était déjà présenté comme un criminel de guerre avec qui ils n’envisageaient donc pas de traiter. »

Et aujourd’hui ? La France est à la ramasse. L’immigration nous submerge. Nos futures opérations militaires en Syrie ne convainquent personne. Les USA, dans notre dos, s’entendent avec l’Iran, alors que nous sommes toujours à la traîne de nos vieilles alliances saoudiennes.

Y a-t-il encore un pilote dans ce boutre ? Le capitaine Rantanplan, nous dit-on, François Hollande de son petit nom.

16 septembre 2015

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