Tout le monde est heureux ! Ou presque… La libération du sergent américain Bowe Bergdahl, retenu en Afghanistan par les talibans depuis cinq ans, est l’occasion d’un communiqué particulièrement enthousiaste du président Barack Obama :

Aujourd’hui, le peuple américain est heureux de pouvoir bientôt accueillir chez lui le sergent Bowe Bergdahl, retenu captif durant près de cinq ans. Au nom du peuple américain, j’ai été honoré d’appeler les parents [du soldat] pour exprimer notre joie à l’idée qu’ils puissent s’attendre à son retour en toute sécurité.

Certes, de fâcheux opposants républicains au locataire de la Maison-Blanche gâchent un peu la fête en faisant remarquer que, si le dernier prisonnier de guerre américain est libéré, c’est grâce à un marchandage et à un échange de prisonniers qui met à mal le sacro-saint principe des États-Unis de ne jamais négocier avec les terroristes.

Dans le cas présent, le Qatar était à la manœuvre pour qu’un soldat américain capturé en 2009 soit échangé contre cinq anciens hauts responsables du régime taliban, priant Allah au fond de leurs geôles de Guantánamo… depuis 2002 ! Pour atteindre ce résultat, pas moins de cinq années ont été nécessaires. Les talibans avaient, en effet, posé comme condition à la négociation que la liberté soit rendue aux cinq Afghans.

D’où la désagréable impression, tout de même, que les « insurgés » ont bel et bien obtenu ce qu’ils exigeaient… Le « coût de la vie » semble être parfois bien différent pour les uns et pour les autres : les Américains seraient-ils prêts à toutes les concessions pour sauver un des leurs, tandis que pour d’autres le prix d’une vie serait proportionnel au nombre de bombes humaines disponibles dans des populations à la natalité galopante. Quelle différence y a-t-il entre un bombardement massif et un attentat-suicide ? C’est la différence entre une armée riche et une armée pauvre.

Quoi qu’il en soit, le sergent (simple soldat lors de sa capture et promu à ce grade durant sa captivité) Bowe Bergdahl a été rendu aux siens. En bonne santé. On ne peut tout de même que s’en réjouir. Quant aux chefs afghans, ils sont de retour, eux, dans leur famille… au Qatar ! « Au début de la semaine, j’ai personnellement remercié l’émir du Qatar pour l’aide qu’il nous a apportée. Le Qatar nous a donné l’assurance qu’il allait mettre en place des mesures pour protéger notre sécurité nationale », a tenu encore à faire savoir Barack Obama.

Le Qatar assure donc désormais la défense des États-Unis d’Amérique ? On connaissait jusqu’alors la propension de l’émirat à investir tous azimuts en … mais dans la protection des Yankees, c’est une surprise !

Reste à en connaître le juste prix si, déjà, un GI vaut cinq chefs talibans…

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