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Editoriaux - Sciences - 5 avril 2013

Au secours, papi Bergé s’intéresse à nos gosses !

À la veille de l’édition 2013 du Sidaction, son président, Pierre Bergé, a interpellé le ministre de l’Éducation nationale : « Quand va-t-on, dans les collèges, et je dis bien les collèges, et les lycées avoir des préservatifs gratuits ? Et quand va-t-on faire de vrais cours d’éducation sexuelle sur le sida ? »

C’est vrai, au fait : pendant qu’au PS c’est la foire d’empoigne et l’affolo général, qui s’occupe des gosses ? Heureusement, papi Bergé est là, fidèle au poste et encore alerte, pour prendre soin des petits enfants. Et taper sur les doigts de Peillon qui, une fois de plus, n’en fiche pas une. « Les résultats ne sont pas satisfaisants, il faut trouver le moyen de faire mieux », a du reste reconnu celui-ci, le rouge au front. Mais « 95 % de nos établissements disposent de ces distributeurs de préservatifs et il y a en plus des distributions souvent gratuites dans nos infirmeries », s’est-il malgré tout justifié. Comme si cela suffisait.

Puisqu’il y a 3.300.000 collégiens en France, et que l’on ne va pas non plus se contenter d’un préservatif par enfant et par an — contribuables radins que vous êtes, vous pensiez peut-être brider leur vie sexuelle —, je vous laisse imaginer le joli petit stock à prévoir. Puis papi Bergé a raison, il faut assortir tout cela de « vrais » cours d’éducation sexuelle, sinon ces sales mouflets seraient capables de n’en faire que des bombes à eau. Pourquoi ne pas imaginer une matière à part entière, plutôt que de la noyer, comme maintenant, dans « Sciences de la Vie et de la Terre » ? Allez hop, les enfants, vous fermez vos classeurs, aujourd’hui c’est compo de préservatif ! Vous retournez vos tabourets, et à mon top chrono, vous l’enfilez sur le pied droit ! Léa, veux-tu bien ne pas regarder sur ton voisin, on voit bien que tu n’as pas révisé ce week-end.

Et tout cela aurait l’insigne avantage de remonter la moyenne de ceux qui ne savent ni lire ni compter en entrant en 6e, qui sont souvent plus précoces que les autres dans ce domaine-là. Ben oui, la vocation de l’Éducation nationale, c’est de faire fructifier les talents de chacun.

Alors, évidemment, 11 ans, c’est déjà un peu tard. Le préservatif, c’est comme l’anglais, pour que cela devienne naturel, il faut se familiariser tôt. La célèbre méthode de lecture Boscher pourrait par exemple faire l’objet d’une remise à jour : « André, pr-ête-moi un livre », et « Maman a pr-éparé un bon pâté de lièvre » deviendraient « Claude pr-épare le pr-éservatif que Dominique lui a pr-êté » (des prénoms neutres dans le cadre de cette « éducation à l’égalité de genre dès 6 ans », qu’exige l’amendement à la loi Peillon de refondation pour l’école adopté le 28 février).

À cela, on ajoutera quelques jeux éducatifs, comme « Titeuf zizi sexuel, le jeu » (Lansay, à partir de 8 ans), qui en explique un rayon sur le préservatif et qui viendra remplacer avantageusement les jouets à risque comme Barbie (sexiste, réactionnaire, contre laquelle l’extrême gauche allemande vient de rentrer en guerre) et Lego (soupçonné d’islamophobie). Mmmm…. Je sens que chez papi Bergé, on va trop bien s’amuser.

En 2005, on a interdit les distributeurs automatiques de boissons et de friandises dans les enceintes scolaires, accusés de favoriser l’obésité. Il est vrai qu’un enfant de 12 ans avec un paquet de chips, c’est hyper choquant, alors qu’avec un préservatif… Comme si cette incitation claire à une sexualité toujours plus précoce n’avait aucun lien avec la croissance exponentielle des addictions sexuelles et à la pornographie chez les jeunes. Des addictions (aussi graves que la boulimie, non ?), induisant désocialisation, dépression, divorce, chômage, suicide et qui trouvent, de l’avis de tous les spécialistes, leur origine dans la prime adolescence. Mais vous ne voudriez pas, non plus, que le gouvernement en fasse la remarque à Bergé ? L’un des derniers mécènes socialistes à ne pas avoir de compte aux îles Caïman, ou en tout cas, à avoir l’intelligence de bien le cacher, ça se chouchoute !

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