Et si, au lieu d’une marche, nous avions un gouvernement d’union nationale ? Les rassemblements spontanés ou légèrement organisés qui se sont déroulés ces trois derniers jours étaient plein de dignité et ils illustraient un authentique mouvement d’union nationale, dès lors que de jeunes patriotes à cheveux courts et soyeux y côtoyèrent, entre autres, de vieux soixante-huitards à cheveux longs et grisonnants.

On peut même aller jusqu’à admettre que la marche « républicaine » de ce dimanche aurait encore pu avoir un sens si la polémique sur la présence du FN et la grossière récupération par le pouvoir idéologique et euro-immigrationniste ne lui avait pas donné cet avant-goût frelaté.

Au-delà, le temps du recueillement devra céder la place au temps de l’action. Sans cela, nous tomberions dans le travers de ces « marches blanches » qui, à chaque drame, permettent de canaliser la colère des proches des victimes tout en dédouanant les responsables, qu’il s’agisse des criminels ou de ceux qui sont en charge de la sécurité publique. Au-delà, il faudra conduire la guerre contre cet ennemi implacable qui se vante de mener, en Syrie, la plus grande purification religieuse de l’Histoire, qui vient encore de faire 2.000 morts au Nigeria en trois jours et qui se rit de la naïveté des populations européennes. Il suffit de lire les tweets vengeurs et réjouis qui ont suivi l’annonce de la tuerie de Charlie, de consulter l’ignoble #jesuiskouachi ou encore d’écouter les témoignages au sujet des « Allah Akbar » qui ont fusé au cours de la minute de silence dans certains établissements scolaires pour comprendre que nous ne pourrons pas nous contenter de pleurer nos morts en disposant des bougies en forme de cœur.

Pour mener la guerre, il faut des forces militaires, policières et judiciaires efficaces – et il semble que nous les ayons encore en dépit de la saignée financière et humaine que leur ont infligée les gouvernements successifs –, mais il faut aussi des chefs de guerre compétents. C’est là, chacun en conviendra, que le bât blesse : le fait de savoir que cette guerre va être conduite par un ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui considère que "ce n’est pas un délit de prôner le djihad", et par un garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui a fait de la culture de l’excuse et du laxisme sa marque de fabrique, est bien plus inquiétant que la détermination et l’arrogance de nos ennemis ; surtout lorsque l’on sait que notre Constitution fait du président de la République le chef des armées ; le Président, vous savez, celui qui a déclaré, avec son génie coutumier, qu’il faut refuser les caricatures, histoire d’achever de transformer la marche contre le en une marche contre les amalgames.

Plutôt que d’une marche, nous avons donc impérativement besoin d’un gouvernement d’union nationale qui soit le reflet du pays réel. Pour cela, il suffirait que les responsables actuels organisent des anticipées au scrutin proportionnel. De cette assemblée renouvelée et authentiquement nationale sortirait un gouvernement où se côtoieraient des ministres de toutes les formations politiques et où le nombre de ministres frontistes serait plus important que celui des ministres socialistes ou apparentés. Ce gouvernement aurait la puissance que donne la légitimité et saurait nous conduire à la victoire.

Impossible, me direz-vous : jamais la classe politico-médiatique ne sacrifiera ainsi son hégémonie ! C’est exact. Pendant des mois et des mois encore, nous allons continuer à compter nos morts tandis que nos dirigeants continueront à démobiliser et à démoraliser la nation. Mais ce temps-là aussi finira.

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11 janvier 2015

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