Hollande persiste et signe ! Il veut diviser nos régions par deux, au mépris de toute considération historique, culturelle, ethnique alors qu’une région dont les habitants partagent la même histoire, les mêmes valeurs, est plus efficace économiquement et plus solidaire humainement… Et ce, d’autant plus si l’on élargit nos régions transfrontalières à nos voisines européennes…

De nombreuses associations de coopérations interrégionales existent d’ores et déjà en Europe. L'eurorégion Pyrénées-Méditerranée, par exemple, née le 29 octobre 2004, est un projet de coopération politique entre la Catalogne, les îles Baléares, le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Juste à côté, l’eurorégion Aquitaine-Euskadi s’engage d’ores et déjà dans un processus de réflexion en vue d’élaborer un « plan stratégique » qui précisera les axes prioritaires de développement de l’espace eurorégional pour la période 2014-2020.

En plus d’une langue, l’euskara, et d’une culture communes, ces deux territoires partagent un certain "art de vivre". Toujours dans le Midi, l’eurorégion Alpes-Méditerranée englobe cinq régions françaises et italiennes (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Ligurie, Piémont, Vallée d’Aoste et Rhône-Alpes) unies par une communauté de destin et une base géographique cohérente.

Plus au nord s’étend, sur une superficie de 65.401 km², une grande région européenne entre le Rhin, la Moselle, la Sarre et la Meuse avec le Land allemand de la Sarre, la région Lorraine, le Grand-Duché de Luxembourg, le Land allemand de Rhénanie-Palatinat et la région belge de la Wallonie. Située au centre de l’axe ferroviaire européen et au cœur de la « dorsale européenne », cette région dispose d’un réseau urbain, rural et industriel dense, source d’importantes relations économiques et culturelles.

Idem pour l’Alsace si, au lieu de la Lorraine, elle fusionnait avec le Bade-Wurtemberg et les cantons suisses voisins. L'espace trinational franco-germano-suisse dit du "Rhin Supérieur" englobe quatre territoires : l'Alsace, le nord-ouest de la Suisse, le pays de Bade et l'extrême sud du Palatinat. Une coopération transfrontalière fructueuse y existe depuis plus de quarante ans : elle a permis récemment, et pour la première fois, de soutenir des projets de recherche transfrontaliers d’excellence grâce au cofinancement accordé par les Länder du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat, de la région Alsace et de l'.

Mais Hollande voit petit, étriqué, hexagonal alors qu’au niveau européen, les grandes régions transfrontalières représentent d’ores et déjà des « laboratoires d’Europe » où l’Europe se vit au quotidien. Elles sont les exemples concrets d’une Europe qui s’affirme : pas celle de Bruxelles, mais celle des peuples qui partagent ensemble une même histoire et, demain peut-être, un même avenir… Cela n’affaiblirait en rien les États nationaux et « la France ne va pas se disloquer » pour autant, contrairement à ce qu’affirme Pierre Hillard dans son livre « Minorités et régionalismes ».

Ce serait, au contraire, comme pour l’Alsace et le Bade-Wurtemberg par exemple, « une petite patrie (Heimat) que le Rhin et l'Histoire n’auraient pas déchirée », comme l’écrivait l’Alsacien René Schickele, ami de Thomas Mann, dans « Terre d’Europe »

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18 juin 2014

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