Editoriaux - Justice - Religion - 24 novembre 2015

Attentats : des mesures tardives et insuffisantes

La profession d’agent d’entretien peut s’avérer à haut risque quand on tombe sur une ceinture d’explosifs abandonnée parmi des détritus, au détour d’une ruelle de Montrouge. « Découverte fortuite », précise la préfecture : c’est bien ce qui inquiète. On ne compte plus les projets d’attentats et les djihadistes neutralisés par hasard au cours de ces derniers mois. « La police et l’armée ont trop misé sur l’intelligence artificielle et sur la collecte de données informatiques. Nous avons besoin d’hommes sur le terrain », souligne, comme nombre d’experts, l’ancien officier de renseignement Chems Akrouf. Peut-être faudrait-il aussi éviter de placardiser, au prétexte d’une législation inepte et poussiéreuse, les professionnels de grande qualité comme le juge Trévidic ? Quand un pays devient l’ennemi n° 1 de l’État islamique, on est en droit d’attendre qu’il mette tous les atouts de son côté.

Les mesurettes post-Charlie, couplées à un plan Vigipirate qui a littéralement épuisé les effectifs mobilisés, n’ont pas pu empêcher une seconde vague d’attentats. Dans les orientations budgétaires 2016 de la ville de Paris, présentées par Anne Hidalgo en octobre, le problème de la sécurité n’était même pas mentionné. Pire : une baisse de la subvention à la préfecture de police était envisagée. À croire que les tueries de janvier n’avaient jamais eu lieu. Madame le maire préfère construire des HLM à tire-larigot pour y inoculer, avec une irresponsabilité confondante, une mixité sociale propre à importer l’islamisation des banlieues dans la capitale. L’opposition réclame, en vain, la création d’une police municipale armée ; seules 165 caméras de surveillance seront déployées, une trentaine d’agents de sécurité embauchés et des sas anti-agression mis en place dans quelques structures. Une paille.

Le gouvernement a réitéré sa volonté de fermer les mosquées salafistes, ce qu’il n’a toujours pas fait depuis le début de l’année. Et quand bien même, combien d’autres seront inaugurées en parallèle ? Combien, comme celle de Pontanézen, pourtant réputée radicale, bénéficieront en sus d’une extension, malgré le recours en justice des riverains ? Quid de la multiplication des écoles musulmanes hors contrat ? Une quarantaine, accueillant 3.000 élèves, ont déjà vu le jour, dont certaines perçoivent des dons étrangers. Une cinquantaine d’autres sont en gestation. En 2014 s’est créée, sous l’impulsion de l’UOIF, la Fédération nationale de l’enseignement musulman. Selon Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école, ces établissements devraient être mieux inspectés, avec l’aide de « spécialistes de l’islam radical ».

« La France est en retard. On manque de structures et d’écoles coraniques pour donner des cours, à la manière du catéchisme, afin d’éviter les dérives », déplore Ahmed Jamaleddine, trésorier de la mosquée Bilal à Saint-Denis. S’il dénonce les actes de terrorisme, il refuse de remettre en question ses habitudes : « Demain, je pourrais enlever ma djellaba, venir en jeans, raser ma barbe pour passer incognito. Mais non ! Nous sommes dans une République laïque, un pays de liberté où s’exerce la liberté de religion. » Les concessions s’accomplissent toujours à sens unique, dans la léthargie d’une conception dénaturée de la laïcité. Occuper toujours plus l’espace public. S’appuyer sur le même sophisme que ceux qui sollicitent « plus d’Europe » pour pallier l’échec de l’Europe, en exigeant « plus d’islam » pour prétendre juguler les conséquences délétères d’un islam déjà exubérant et avide de communautarisme.

La détermination feinte d’un Président trop normal pour maîtriser des situations qui ne le sont pas s’achèvera au crépuscule des élections régionales. Le 13 novembre, pas plus que le 7 janvier, n’extirpera la gauche de son aveuglement délibéré. Le choix est entre les mains des Français si, dans un élan de fierté retrouvée, ils se réconcilient enfin avec eux-mêmes.

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