À chaque drame sa commission d’enquête parlementaire ; les attentats de novembre dernier ne font pas exception à la règle. Forte de trente députés de toutes sensibilités politiques et dirigée par Georges Fenech (LR), la commission en question, dont les travaux ont commencé début février, a également auditionné plusieurs victimes et familles de victimes.

Assez logiquement, ces dernières étaient plus là pour commenter « l’après » que « l’avant » des événements, se plaignant notamment du manque de communication des autorités lors du drame. Exemple cité par Le Figaro : « Durant ce temps, impossible de joindre police-secours. “Il a fallu que j’appelle ma maman à Nancy pour qu’elle appelle la police de Nancy et leur communique les informations”, a expliqué Caroline Langlade (vice-présidente de l’association Life for Paris). » Certes.

Mais, au-delà de la légitime émotion, cela ne fait pas avancer l’affaire. Que les services de police aient été submergés cette funeste nuit, rien que de très logique. Que certains policiers mettent du temps à décrocher le téléphone, même sur un numéro d’urgence, rien que de plus banal. Pareillement, Alexis Lebrun, membre de Life for Paris, déplore, sur le même thème, « qu’il n’y ait eu ni présence policière, ni fouille au Bataclan, le soir du 13 novembre, alors que la menace d’attaques de salles de concerts était connue ». Fort bien. N’oublions pas non plus que chaque week-end, il y a des dizaines de concerts dans la capitale. Les forces de l’ordre, déjà épuisées par des mois de plan Vigipirate, auraient donc dû faire un surcroît d’heures supplémentaires ? Tout cela n’est pas vraiment sérieux.

En revanche, la véritable question est celle-ci : nos services de renseignement auraient-ils pu éviter le drame ? Dans l’absolu, oui. Dans la réalité, c’est une tout autre affaire. Quand la menace relève du terrorisme d’État (attentats parisiens de 1986) ou du terrorisme de type séparatiste (ETA ou FLNC), les services en question connaissent les filières, les réseaux, les individus potentiellement dangereux. Mais là ? Surveiller des hommes et des femmes au motif qu’ils se seraient religieusement radicalisés ? Ce n’est pas parce qu’un tel ou untel est « radicalisé » qu’il va forcément devenir violent, à moins de placer sous constante surveillance quelques dizaines de milliers de nos compatriotes de confession musulmane… On rappellera qu’une surveillance discrète et efficace nécessite entre six et huit agents à plein temps. Faites le compte !

Nos “alliés” américains, toujours prompts à nous faire la leçon, ne s’embarrassent pourtant pas de tels détails. Ainsi, interrogé par la chaîne CBS News, John O. Brennan, actuel patron de la CIA, accuse : « Les services de renseignement$, français savaient que les voyants étaient au rouge. […] Paris a été un échec pour eux. Tous les terroristes, sauf un, étaient des citoyens français, entraînés par l’État islamique en Syrie. Ils ont réussi à revenir sans être détectés. »

En la matière, les USA ne sont peut-être pas les mieux placés pour jouer les malins. Plusieurs semaines avant les attentats du 11 septembre 2001, les services secrets égyptiens et jordaniens ne les avaient-ils pas prévenus de l’imminence d’une attaque terroriste aérienne ? La suite est connue. Ils se sont repris, depuis ? Oui, si bien qu’à en croire un rapport de l’ONG Human Rights Watch remontant à 2014, plus de la moitié des attentats terroristes prétendument déjoués sur le sol américain seraient le fait de manipulations du FBI ; lequel s’est bien gardé de démentir cette information en forme de… bombe.

Et Le Monde de révéler : « Selon Human Rights Watch, le FBI a souvent ciblé des personnes vulnérables, souffrant de troubles mentaux et intellectuels. Des informateurs ou policiers infiltrés auraient alors interagi avec elles en élaborant le plan d’attentat, en fournissant les ressources pour le mettre en œuvre, puis en persuadant, voire en faisant pression sur la personne pour qu’elle y participe. »

Ce qui est bien, avec ces “alliés”, c’est qu’on n’est que rarement déçus.

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