Le bon peuple se plaint parfois d’une surveillance trop assidue de Big Brother et râle contre les caméras et les radars qui offrent désormais aux limiers assermentés la possibilité de nous suivre à la trace.

Mais pas besoin de caméras et pas besoin de limiers : le bon peuple s’offre tout seul en pâture au grand Moloch du renseignement. Il a, en effet, aujourd’hui dans les poches tout ce qu’il faut pour être repéré, tracé, enregistré, photographié, filmé et balancé sur les réseaux. En toute connaissance de cause ou parfois « à l’insu de son plein gré ». Ça s’appelle un téléphone portable. Il y a même des époux jaloux et des parents névrosés qui équipent en douce celui de leur conjoint ou de leurs enfants de mouchards. Il paraît que ça fonctionne même quand le téléphone est éteint.

Bref, le fil à la patte électronique est plus efficace que 007. La preuve par ce qui suit, révélé mardi matin dans Le Parisien.

Depuis le carnage de novembre, tous les enquêteurs, police judiciaire et magistrats antiterroristes en étaient convaincus : une « équipe bis » avait doublé les commandos de Daech venus perpétrer les attentats au cœur de . Une évidence pour les équipes de renseignement. En effet : « Chaque fois que les kamikazes frappaient – au Stade de France puis aux terrasses au centre de Paris et enfin au Bataclan -, deux numéros de portable, l’un belge, l’autre français, émettaient à proximité. Inséparables, ils “bornaient” dans le même secteur, pour reprendre le jargon policier. D’où l’hypothèse logique d’une autre équipe. »

Le téléphone belge est repéré à la gare de Bruxelles-Midi, puis à la frontière franco-belge, au Stade de France dix minutes seulement avant que le premier kamikaze ne se fasse sauter. À ce moment, il capte l’appel d’un portable français localisé vers Nation. À 21 h 30, les deux portables sont localisés ensemble dans le XIe arrondissement. Quand la fusillade éclate aux terrasses, ils sont à 300 mètres à peine. Et quand Salah Abdeslam va abandonner sa voiture à Barbès, ils sont encore à proximité. Ils resteront dans le quartier toute la nuit. Le portable belge ne reprendra la direction du pays que le dimanche soir. Il bornera à Bruxelles-Midi à 22 h 31.

On surveille donc les deux lignes. La coopération entre les services va payer. Le téléphone belge appartient à une jeune dame qui vit de ses charmes. Peut-être une copine de Dédé la Saumure et de l’ex du FMI. Elle est venue à Paris retrouver « un ami ». Ça aurait pu être au Carlton de Lille, mais ce week-end-là, c’était à Paris. Et ils se sont baladés avant d’aller s’enfermer dans leur nid d’amour à Barbès. Leur « doublure » du commando terroriste n’était que du pur hasard.

Toutefois, le mystère n’est pas totalement levé car il apparaît que la demoiselle aurait été en contact téléphonique le 14 novembre avec la vedette de Saint-Denis, le dénommé Jawad. Du coup, on s’interroge : en plus de dealer et de marchand de sommeil, l’illustre Jawad ne serait-il pas aussi un peu proxo ?

Morale de l’histoire : si vous partez en week-end, crapuleux ou non, oubliez votre portable. On ne sait jamais : vous pourriez vous retrouver, vous aussi, suspecté de terrorisme.

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