Depuis quatre ans maintenant, la Turquie joue un rôle dangereux et à peine voilé dans la déstabilisation du Proche-Orient. Qu’il s’agisse de la guerre islamique en Irak, et plus encore de la guerre en , la Turquie ne cherche même plus à cacher à ses voisins son soutien à Daech et Al-Nosra.

J’ai eu l’occasion de relater récemment sur ce site le témoignage du maire syrien de Kessab (située à proximité de la frontière turque), qui nous a raconté comment son village, peuplé majoritairement d’Arméniens, fit l’objet toute une nuit d’un intense bombardement provenant de Turquie avant un déferlement, au matin, de combattants ayant traversé la frontière depuis la Turquie sous les yeux des militaires turcs qui arment les six postes- situés à proximité.

J’aurais tout aussi bien pu citer les patriarches chrétiens rencontrés ou le grand mufti musulman de Syrie qui nous ont expliqué que les armes, la logistique et l’argent arrivent du et d’Arabie saoudite via la Turquie. Que les combattants de Daech vont se reposer et toucher leurs récompenses de l’autre côté de la frontière, dans les zones sud de la Turquie.

Ou encore le directeur général du Musée national syrien nous dévoilant que les groupes terroristes qui ont pillé des œuvres archéologiques les ont fait sortir de Syrie sans difficulté vers la Turquie pour les revendre : « Ce n’est pas très difficile, étant donné que toute la frontière turque est ouverte et que de nombreux papiers administratifs d’exportation sont falsifiés avec la complicité de la Turquie, dont le gouvernement refuse de déclarer ce qu’il a en main », nous expliquait-il.

Ou encore une députée de Damas, Maha Chbiro, qui nous a littéralement déclaré que Erdoğan est « un pur islamiste mégalo et fou furieux qui rêve de déstabiliser la région pour mieux reconstituer un nouvel Empire ottoman ».

Bref, les témoignages et les preuves d’une implication de la Turquie dans l’œuvre barbare des islamistes abondent à qui veut bien examiner avec pragmatisme la situation en Syrie et en Irak. C’est-à-dire pas nos gouvernements occidentaux, semble-t-il…

Ce pays qui est membre de l’alliance intégrée de l’OTAN et qui frappe à la porte de l’ (les négociations d’adhésion avec l’Union européenne sont toujours en cours) est gouverné par un islamiste qui déclara un jour publiquement : « Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats. » Il vient encore, il y a quelques jours, de nous provoquer et de nous menacer sur notre sol lors d’un meeting à qui rassembla entre 12.000 et 16.000 Turcs d’Europe. Et les autorités politiques nationales et européennes n’ont rien dit et n’ont rien fait !

Bien qu’il ne faille pas exclure que le commanditaire de l’attentat d’Ankara puisse être le gouvernement islamiste turc lui-même, il est néanmoins évident que la Turquie commence à récolter ce qu’elle a semé.

13 octobre 2015

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