L’attentat de Berlin n’en finit pas de faire couler de l’encre, et de susciter de nombreux commentaires. Il est vrai que les conditions de sa réalisation, ainsi que ses suites – qui ont abouti à la mise hors d’état de nuire d’ par la police italienne -, ont de quoi susciter de nombreuses questions. Essayons de répondre aux principales d’entre elles.

En premier lieu, le mode opératoire, à savoir l’utilisation d’un camion bélier. Ce procédé que l’on peut qualifier d’« artisanal », dans la mesure où il ne fait appel à aucun système sophistiqué, est tout à fait dans la démarche terroriste. Les techniques de guérilla urbaine – car c’est bien de cela qu’il s’agit – ont toujours privilégié l’utilisation de méthodes de combat simples et efficaces, le but étant de permettre à n’importe quel combattant de causer un maximum de victimes dans le “camp adverse”. C’est exactement ce que préconise aujourd’hui Daech, partant du principe que tous les moyens sont bons pour tuer les mécréants. Les différents attentats qui se sont déroulés en Europe attestent parfaitement de cette réalité.

Le second point, souvent évoqué, concerne le fait que des documents permettant d’identifier l’auteur de l’attentat aient été retrouvés dans le camion. Deux raisons principales peuvent être retenues. D’une part, qu’ils aient été laissés volontairement sur place par le terroriste pour signer son crime, sachant qu’a priori, il avait prévu de ne pas “en revenir”. D’autre part, la possibilité d’une négligence, hypothèse que l’on ne peut jamais écarter, tant on sait, lorsque l’on a enquêté sur des affaires criminelles, que tout reste toujours possible. Dans le cas de figure qui nous occupe aujourd’hui, la première version est cependant la plus vraisemblable.

Troisième point : la fuite de l’auteur des faits après la commission de son forfait. Pour aussi décidés qu’ils soient à mourir en martyr, ces criminels restent des hommes. On ne peut donc exclure qu’au dernier moment, si la possibilité s’offre à eux, ils préfèrent rester en vie plutôt que de rejoindre Allah. Le cas Abdeslam, dans les attentats de Paris, est révélateur à cet égard. Il se peut, également, que les terroristes aient pour objectif de poursuivre leurs actions meurtrières et, donc, profitent de la confusion générale pour se sauver afin d’agir ultérieurement. Dans le cas de Berlin, compte tenu de la suite des événements, il est probable que le terroriste ait utilisé une occasion de fuite.

Quatrième point : l’existence d’un réseau. Tant la préparation de l’attentat que sa réalisation, ainsi que la brève cavale d’Anis Amri, laissent à penser que s’il a pu bénéficier de complicités, il n’y avait pas derrière lui, à proprement parler, de réseau organisé et/ou “professionnalisé”. Ainsi, si d’éventuels complices ont pu le cacher quelques heures (y compris dans la mosquée où il a été repéré après l’attentat), acheter pour lui des billets de train, lui procurer une arme, dont le calibre (22LR) ne correspond en rien à celui des armes habituellement utilisées par des combattants aguerris et bien approvisionnés, là encore, aucun signe n’atteste de l’existence d’une organisation structurée et pérenne.

Cinquième point, enfin : la fin de sa cavale à Milan. Si organisation il y avait eu, Anis Amri ne se serait pas retrouvé seul, en pleine nuit, sur une place publique, à la merci du premier contrôle policier venu (ce qui est arrivé). Il aurait été exfiltré après avoir pu se soustraire aux recherches et n’aurait certainement pas fini de la sorte. Du moins, pas si vite.

24 décembre 2016

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