Editoriaux - International - Table - 4 juillet 2016

Attentat de Bagdad : alors, satisfaits, les coalisés ?

Daech revendique ce nouvel et monstrueux attentat de Bagdad.

Les commentateurs sont prolixes, qui expliquent la fin proche du ramadan, période doublement bénéfique aux kamikazes. Trouveront-ils un bonus de vierges, encore plus vierges, au-delà des 72 qui sont promises « contractuellement » à tout martyr ?

D’autres explications avancent la défaite de Falloujah, place symbolique très proche de la capitale.

Alors que l’étau se resserre sur le territoire de l’État islamique et ses places stratégiques, grâce à l’action des forces militaires au sol, l’organisation qui a des réserves de volontaires hors zone les envoie combattre au-delà du siège. À leur manière ! Dans cette guerre qui n’a rien de symétrique, les victoires des forces conjointes — forces irakiennes avec le support aérien de la coalition — ont pour effet paradoxal de projeter le conflit au-delà, telles les flammèches d’un désastreux feu d’artifice.

Ce que la coalition n’a pas réussi à vaincre avec des actions qui auraient dû être brutales et coordonnées depuis les premières opérations en 2014 se paye aujourd’hui et sera subi, hélas, demain. L’hydre attaquée à la tête se multiplie et étend ses tentacules dans des actions qui seront aussi imprévisibles et désordonnées que fatales.

La France qui s’est engagée au début, seulement en Irak, n’a guère mis le paquet, à l’instar de ses alliés, pour détruire les centres névralgiques pourtant connus. Pusillanimité de circonstance et tactique, peur des surenchères d’amis trop zélés, sournois calculs diplomatiques ou alors manque de moyens, en dépit des renforts intermittents de la force aéronavale ?

Sur Boulevard Voltaire, le 25 août 2015, je suggérais l’arme nucléaire tactique pour défaire brutalement — et nonobstant des pertes civiles — l’ennemi, et en priorité ses têtes, sa logistique et ses forces combattantes organisées en unités. Frapper pour le dissoudre et couper ses connexions extérieures, en montrant une résolution totale et conjointe des alliés.

Suggestion inacceptable par des nations « civilisées » dont les barbares usent des convictions morales à leur entier profit. Deux ans après les hostilités déclarées à Daech, les conflits se sont déployés sur d’autres zones, l’enlisement se poursuit, s’étend, en dépit d’apparentes victoires. Les nations occidentales ont payé un certain attentisme des attentats successifs commis dans leurs propres pays.

Et le pire reste encore à craindre.

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