Entretien réalisé par Irène Bertin

Quelle est votre réaction face à l'attentat de Bruxelles qui a fait quatre morts ?

Un attentat qui a lieu en Belgique devant un musée juif ne donne pas matière à spéculation intellectuelle. La Belgique est une terre de violence antisémite. On compte huit attentats depuis la Seconde Guerre mondiale, de celui du 8 septembre 1969 devant les locaux de la compagnie El Al à Bruxelles jusqu'aux trois attaques visant trois synagogues au printemps 2002. Il faut aussi noter que depuis la Seconde Guerre mondiale, tous les attentats antisémites en Europe ont été le fait du camp islamo-arabe, à l'exception d'attentats commis par Action directe et Carlos, qui sont d'extrême gauche. Jamais l'extrême droite n'a commis d'acte sanglant depuis 1945. D'ailleurs, pour la première fois, les associations antiracistes autoproclamées n'ont pas privilégié la piste de l'extrême droite.

Je tiens aussi à souligner l'attitude impeccable du gouvernement français d'aujourd'hui.

Y a-t-il une spécificité belge dans ces actes de violence ?

Si on compare la France et la Belgique, il y a en France une grande résistance intellectuelle. La Belgique abrite une communauté marocaine très importante avec une minorité très radicale, qui a envoyé 60 belges en Syrie. Il y a aussi un député rouge-brun, Laurent Louis, qui tient son discours en toute impunité, une extrême droite très active et un courant intellectuel qui cultive un antisémitisme très profond.

Pensez-vous que l'Europe devienne de plus en plus antisémite ?

Je ne suis pas surpris de ce qui s'est passé en Belgique. Mais je ne crois pas qu'on ait atteint un nouveau palier. Il n'y a rien de nouveau depuis les attentats de la rue Copernic et de la rue des Rosiers. Il n'y a, en fait, aucune amélioration.

Par contre, on constate que l'antisémitisme nouveau, dont le fond est l'antisionisme, ne rencontre pas de résistance particulière, comme si, dans le for intellectuel, l'antisémite qui déteste Israël n'est pas totalement mauvais. L'antisionisme ne provoque pas une détestation antiraciste viscérale.

La communauté juive n'est qu'à l'avant-poste : il faut aussi comprendre qu'il y aura d'autres morts, pas seulement juifs. C'est pour cela que les gouvernements ont si peur des djihadistes qui rentreront de Syrie. Les pays démocratiques ont le droit et le devoir de se défendre. Les temps actuels exigent ces efforts.

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26 mai 2014

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