50 avant J.-C. Jules César s’en va envahir la Bretagne, la grande.

Ayant constaté que la vie s’arrête là-bas à 17 heures pour un moment de recueillement national autour d’une tasse d’eau chaude, il décide en fin stratège d’attaquer à cette heure précise.

Le jour où ses chiens sont écrabouillés sous les tirs ennemis, la reine Cordelia envoie Jolitorax chercher secours en Gaule, auprès du fameux village qui, depuis des lustres, tient tête à l’envahisseur romain. Astérix et Obélix quittent donc le Marais pour la Manche. Leur couple y résistera-t-il ?

Après le nullissime et en cela inégalable Astérix aux Jeux Olympiques, ce nouvel opus de Laurent Tirard ne pouvait être qu’une bonne surprise.

D’abord par le casting. Obélix a toujours les rondeurs de Depardieu, et finalement on ne voit guère qui d’autre pourrait occuper sa culotte à rayures. Le Gégé s’y sent bien et nous aussi. Son couple à petit chien se porte d’autant mieux qu’Edouard Baer, en Astérix bobo phraseur et ramenard, est une excellente trouvaille, tout comme Guillaume Gallienne en serviteur de Sa gracieuse Majesté britannique – une au mieux de sa froideur distante et de ses rondeurs.

Mais la cerise et l’angélique sur le cake, délicieux fruits acidulés qu’on se cale dans un coin de la joue pour mieux en profiter, c’est bien sûr Lucchini encore plus César que Jules soi-même et cette grande jument de Valérie Lemercier, chaperon tout droit sorti d’un roman de Dickens.

Soyons francs : le film de Tirard n’a pas la drôlerie du monument de Chabat, certes très « codé Canal » mais absolument hilarant. Le boulot est bien fait, le travail honnête qui offre au final une comédie grand public au rythme soutenu et conforme à l’esprit des albums où l’on épingle les travers du temps. Voir ainsi César soumis à un audit des sénateurs romains menés par Jean Rochefort, ou allongé sur le triclinium de son psy pour y parler de son rapport au pouvoir est proprement jubilatoire.

Tirard a le talent de ne jamais rendre les situations pesantes, ce qui évite la vulgarité racoleuse de bien des comédies actuelles.

Astérix et Obélix au service de Sa Majesté est un excellent divertissement familial. Mieux, il y a de l’esprit dans ce film-là.

Un esprit plus français que gaulois.

21 octobre 2012

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